‹ Le grand perturbateur romainChapitre 132 sur 277 · QuU hue potest vridere, quis potest pati · texte numérisé non relu

QuU hue potest vridere, quis potest pati

Niii impudieus, et vorax, et aleo, tlamurrau] ' habcrc, quud comata Galiia Uabebat uncti et uUima Britanuia?

Ciiiæde Itomule, hæc videbis et ferca?

Es impudicus, cl Yorax, et aleo.

Et iUe DUiic superbus et superfluens FeranibuUbil umiiium eubilta,

Ut atbuliis colunibus, aut Adoneus?

Cùiaede Honmie, luee tidebis et feres?

Es impudicus, et vorax, et aleo.

Eonc nomiac, Impcralur unice,

FuisÜ in ultiina Occidcniis iosula,

Lt ista vostra dilTututa meutula *

Ducenties cunicsset, ut trccenties?

Quid est ? ait sioistra Uberalitas,

Parum expatravit ; au parum helluatus est ?

Paterna prima lancinala sunt bona;

Secunda præda Pontica : indc Icctia Hibcra, quamseit atnuis aurifer Tagus.

Hune, Galiis, timelis, et Britannia! I

1. C4wr atouaii qoe CaïuHa, dans «et ?vrt tor llimorti, l'aYtit cnatqaé d’aa tUfaala «taraal (Saé< la«a, Vta <U Citar, eh. uxtit.)

HISTOIRE DE CÉSAR

par Tacite'; mais ces outrages les Césars eux-mêmes, Jules et Auguste, les ont souiTerts, les ont dédaignés, par modération ou par prudence, je ne saurais le dire, car l’insulte tombe quand on la méprise; s’en offenser, c’est reconnaître qu’elle est méritée. » Crémulius fut accusé, en l’année 25 de l’ère vulgaire, d’avoir publié des annales où il louait Brutus et nommait Cassius le dernier des Romains. «Je ne parle pas des Grecs, continuait Crémutius devant le sénat; chez eux la liberté, la licence même furent toujours impunies, et les offensés se vengeaient des paroles par des paroles. » « Certes, dit Tacite, il est permis de rire de la folie de ceux qui pensent, par leur pouvoir d’un jour, ordonner l’oubli à

Quid hune» malum foTeti&7 aut quid hic potest»

Niai uncla devoraro patrimonia ?

Eone Domine, Imperator unice,

Socer geocrque perdidiatia omnia.

CaTTTLLOa,

Carmen IXLX, in Cciarem.

Qui pourra voir, qui pourrait souCTrir, s’il n'a paa perdu toute pudeur, toute retenue, tout honneur, qu'un Mamurra possède les plus précieuses richesses de la Gaule chevelue et de la Bretagne lointaine? Romain débauché, le verras-tu et le supporteras- tu ? Tu as perdu toute pudeur, toute retenue, tout honneur, et maintenaut superbe et radieuv, comme une blanche colombe ou un Adonis, cet homme se promènera de couche en couche. Romain débauché, le verras-tu et *le supporteras-tu? Tu as perdu toute pudeur, toute retenue, tout honneur. Est-ce donc pour cela, capitaine unique, est-ce donc pour que ce corps, instrument de tes débauches, dévorât deu\ ou (rois cents milliers de sesterces, que tu es allé dans la dernière fie de rOccident? — Qu'esUce? répond la malheureuse libéralité, Il a consumé peu de chose en plaisirs. A-t-il englouti si peu de chose? Pour début, il a dilapidé les biens de son père, les trésors du Pont doivent être sa seconde proie; quant à la troisième, ceux des Ibères, le Tage aux Bots d'or le sait. Tremblez devant lui, Gaules et Bretagnes? Comment donc gardiez-vous ce pervers dans votre sein? A quoi peut’ü être bon, sinon à dévorer de riches patrimoines? Est-ce donc pour cela, capilaine unique, qu’avec ton beau-père lu as tout bouleversé? t. Tacite, Annales, 1. IV, cli, xxxiv.

HISTOiRK DE CIÎSAR.

leurs descenclanls. La pensée, au contraire, quand on la proscrit, grandit en puissance. Les rois étrangers, et ceux qui ont usé des mêmes sévices, n’ont recueilli que la honte pour eux-mêmes, la gloire pour ceux qu’ils poursuivaient. »

Les lauriers cueillis en Asie par Pompée et ceux que César était en train de ceindre dans les Gaules, stimulèrent Crassus. Ce ne fut donc pas l’avidité de biens seule qui l’engagea à aller combattre les Parthes. Il y avait seize ans qu’il ne s’était montré dans les camps. La gloire des deux autres triumvirs le rendit inquiet; il sentit combien il était en arrière de la considération et de la faveur populaires. Pour ne pas être oublié tout à fait, il fallait rattraper le temps perdu, car il approchait de la soixantaine. Il tourna donc ses regards vers la province qui lui avait été assignée, et en vrai Romain du temps, en vrai brigand, sans avoir éprouvé offense aucune, il résolut de faire la guerre à Ârsaces XIV, roi des Parthes. César lui écrivit des Gaules pour le féliciter et l'encourager dans l’entreprise de cette guerre*. Mais cette campagne fut si impopulaire à Rome, rencontra une telle opposition que Crassus, craignant pour sa personne, crut nécessaire de prier Pompée de l’escorter hors des portes de la ville. Ce fut en 54 qu’il traversa l’Euphrate, sans avoir d’abord projeté un plan de campagne; conduit en errant, par un chef arabe, Agbarqui n’était qu’un traître, il livra bataille non loin de la forteresse de Carrhes, où il fut défait. Forcé par ses soldats d’accepter une entrevue avec le généralissime en-

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