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ouverlemeiit et audacieusement à des projets hostiles. 1^ perspicacité et les calculs de César furent en défaut : la révolte des patriotes gaulois avait été momentanément éloulfée, mais non éteinte. Les Gaulois ne s’étaient pliés tju’avec désespoir depuis six ans, eu compromettant leur gloire et en perdant leur liberté, sous le joug romain. Commençant à connaître Rome et l'individualité de César, ils maudirent et méprisèrent Rome et César. Par les impôts, les ijuartiers d’hiver, le pillage, la dévastation de leurs territoires, et les peines atroces qu’on leur avait infligées, ils avaient senti toute l’amertume de la servitude, et cette amertume était dans le cœur de tous les Gaulois. Le coup de hache qui frappa Accon fut senti par toute la noblesse gauloise, et toute la noblesse gauloise se leva comme un seul homme pour punir le crime delà perversité. Les Carnutes s’olTrent de former l’avantgarde dans la guerre nationale qui allait commencer. LcsÂrvernes lui donnent un chef et un généralissime, le patriotique Vercingétorix*. L’insurrection s’élève et s’étend depuis la Garonne jusqu’à la Seine; quelques tribus, comme celle des Rituriges résistèrent d’abord au soulèvement général ; mais on les y força. Les Ldues aussi hésitaient; tout à coup le proconsul des Gaules parait dans le sud de sa province. Les Gaulois savaient qu’avec leur tactique passée, ils avaient été toujours battus et vaincus. Ils en adoptent une autre. La cavalerie gauloise était plus considérable en nombre et avait une supériorité guerrière ; elle pouvait s’étendre sur toute
I. Vcrdn^Plorix n eiil point un nom propre, il ^eul dire ; riioiiinje prineipal, le chef dt- i'expéilUion.
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la superficie du pays, dévaster les campagnes, incendier les villages et les villes, intercepter les communications et les convois de rennemi. On arrête ce plan de campagne. Avant la fin de l’hiver, Vercingétorix envahit le pays des Kdues, pour anéantir les lîoïes qui s’y étaient fixés, ces seuls alliés des Komains, sur lesquels ils pouvaient compter avec assurance. Il fallait les supprimer avant l’arrivée de César. Quittant Agendicum (Sens), César pilla et incendia Genahum (Orléans ou Gien ), ville capitale des Carnutes, et se dirigea ensuite vers le pays des Bituriges. Ce fut dans ce pays que fut essayée la nouvelle tactique des Gaulois. Sur les ordres de Vercingétorix, vingt villes y furent livrées aux flammes. Selon lui, la capitale des Bituriges, Avaricum (Bourges), devait avoir le même sort. Mais la majorité de son conseil de guerre et les magistrats de cette ville furent d’avis de la défendre contre les Romains, ce qui fut fait. César en fit le siège; cette capitale fut prise par lui au printemps de l’année 52. Alors, il divise son armée en deux corps, envoie Lahiénus vers Lutcce (Paris) ; César lui-même se dirigea sur l’Auvergne, où il assiégea en vain la capitale de ce pays, Gergovie (ville située sur une colline, à peu de distance au sud de Clermont). Là, il eut Vercingétorix en face, et toutes ses tentatives pour s’emparer de la ville furent vaines. De plus, il eut à subir une défection considérable et sensible. Les Édues, l’abandonnant, se rangèrent sous la bannière patriotique de l’insurrection. César enfin fut forcé de battre en retraite : les Edues se joignent aux combattants de Vercingétorix.
Les Belges, aussi, commencèrent des mouvements, et
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s’insurgtirenl à la longue. Les Bellovaques allaqucrenl I.abiémis, et, à l'exception des Uèines, des Suessions, des Lcu(|ues cl desLingons. toute la nation gauloise ou celticpie, depuis le Bliin jusipi’à l'Océan cl les Pyrénées, était debout pour coinballre pour sa liberté et sa nationalité. Alors César manifesta la justesse de son coup d’œil et un exemple de son expérience consommée. 11 appelle sous les armes le ban général des provinces romaines, unit son armée à celle de Labiénus, combat les insurgés gaulois et les mène jus(praux niursd’Alésia, (Nüvalaise, en Savoie), où Vercingétorix s’enferma avec la plus grande partie de l’armée gauloise. Il avait établi un camp sur les tlancs d’une colline, en avant de la ville : son armée comptait ([uatre-vingl mille hommes d’infanterie et quinze mille cavaliers. César fait le siège d’Alésia : plus de cent cinquante mille Gallo-Belges viennent en aide à la ville. Mais César réussit dans ses desseins pervers; et. avec .Ak'sia, tombe le dernier boulevard de la liberté et de la nationalité gallo-celte. .Alésia capitula en l’année 52. Une dernière expédition fut entreprise pendant l’Iiiverde 52 ;i 51, contre les Carnules et les Bellovaipies. Les tribus armoricaines et quebjuesunes des bords de la l.oire, (|ui s’étaient insurgées, furent également soumises; par la prise d’U.xellodunum, la guerre des Gaules fut terminée après avoir duré au delà de huit ans.
Nous avons été, à dessein, très-sobre de détails stratégiques sur la guerre des Gaules, parce que nous n’avons pas voulu fatiguer le lecteur par des particularités qui, en elles-mêmes, n’ajoutent rien à la philosophie des faits. Nous n’avons pas voulu faire parade d’une science
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qui demande, pour être trailce convenablement, des connaissances qu’on n’a plus ou pas assez complètement aujourd’hui. Des détails de guerres, qui eurent lieu il y a dix-neuf siècles, ont-ils plus qu’un médiocre intérêt pour les générations aclnelles, quand pour les bien comprendre, il fautavoir acquis les notions archéologiques, nombreuses, que des hommes spéciaux possèdent seuls?
Ce fut vers l’année 52 qu’un revirement s’opéra dans la politique de Pompée, alors qu’il était le seul consul absent et qu’il n’avait pas posé de candidature. Cette distinction inouïe d’avoir été élu comme proconsul à la tête d’une armée, avait flatté sa fierté et son amourpropre et lui avait gagné entièrement le parti sénatorial. Comme Pompée cherchait bien moins que César à capter la faveur du peuple, le sénat croyait, par la charge conférée à Pompée, l’avoir détaché de la cause populaire et l’avoir gagné; il en fut ainsi effectivement*. Pompée noua de bons rapports avec Caton; il l’engagea à venir le voir dans son jardin, aux portes de Rome, où il le reçut avec cordialité, le remercia et le pria de l’aider de ses conseils dans l’e.\ercice de ses fonctions*. Caton lui promit de faire ce qu’il demandait, mais qu’en public il émettrait son opinion en suivant sa conscience et toujours l’intérét de l'Ëlat. Mais en passant dans le camp des grands. Pompée attirait naturellement le ressentiment de César, car celui-ci ne fut pas longtemps à s’apercevoir des traits qu’on lui décochait. Pompée
1. Dion r^sttius, I. XL, ch. l. — Velléiua Paterculus, 1. II, ch. xlth. 3. Plutarque, Vie de Caton mm., di. XLViii.
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fut chargé de réprimer des désordres, des émeutes, de rétablir la tranquillité et l’ordre ' ; ce but fut atteint, le gouvernement de ses provinces fut prorogé pour quatre ans; on lui alloua annuellement mille talents, avec lesquels il devait aviser à l’entretien de ses troupes et pourvoira ses autres besoins*. La violence et l’accès subreptice aux places étaient alors les crimes capitaux qui avaient amené le désordre dans l'État. Ce fut contre eux qu’il exerça d’abord son activité*. Ces choses lui semblaient être le principe du mal de la République, et il pensait que s’il commençait à les réprimer, la cure s’en suivrait en peu de temps. Toutefois, il ne se contenta point d’imprimer une nouvelle vigueur aux anciennes lois pénales, mais en donna encore de nouvelles qui étaient en apparence dirigées contre les violences, les fraudes et les corruptions employées pour arriver aux fonctions publiques, et qui cachaient des buts plus profonds et plus étendus. Sa loi, lex de vi, était dirigée contre Milon, qu’il craignait toujours comme ennemi et dont il obtint alors le bannissement *. Au moyen de l’autre loi, /ex de ambitu, il espérait frapper César. Car en donnant à la loi qui avait pour but d’atteindre ceux qui achèteraient les voix aux élections, un effet de rétroactivité jusqu’à son premier consulat de 70, il comprenait naturellement aussi dans cet espace de presque vingt ans le consulat de César de l’an 59. Les amis de
1. Tile-Liye, Epilome, 107. — Tocitr, aiinolM. I. III, ch. jivTiii.