Vclldtus Palcrciilus. I. Il, cji. m.ïii
HISTOIRE DE CËSAR.
César soupçonnaient que celle rélroaclivité était destinée à outrager ou à menacer César : ils virent le piège qu’on tendait au proconsul des Gaules et enipéclièrent celte longue rétroactiviléde la loi. Pompéeavait maniTestéson méconlentenient de ce qu’on eût mêlé le nom de César dans celte affaire, commesi celui-ci était au-dessusde tout soupçon. Dans les vingt ans, son second consulat à luimême n’élail-il point compris? S'il embrassait une aussi longue période, c’élail pour pouvoir mieux remédier à la condilion de l'État, qui depuis longtemps marchait déjà à sa ruine Il lit donc confirmer la loi en question, et le maître de Rome suscita une foule d’accusations et de procès, qu’on aurait dû plutôt laisser dans l’oubli, afin de pouvoir vouer toute l’attention au présent si charge de méfaits, et à l’avenir si gros de malheurs. Il y avait trois cent soixante juges, et, pour qu’ils fussent à l’abri de toute crainte. Pompée présidait lui-même les tribunaux. 11 les fit en outre garder par de nombreux soldats. Les premiers absents qui furent accusés étaient Milon, à cause du meurtre de Clodius, et Gabinius, à cause d’illégalités et de scélératesses, parce qu’il avait envahi l’Égypte sans décret du Sénat et contre le texte et l’avis des livres sibyllins; ensuite Hypsée, .Memmius, Sextus et plusieurs autres, qui auraient reçu des présents ou corrompu le peuple*. Pompée défendit aussi qu’on prononçât des panégyriques pour les accusés’ : mais il en fit cependant un lui-même en faveur de Plancus. Caton, un
1. Appien, Guerres civiles, I. Il, ch. xxiii. — Plutarque, Vie de Galon min., cil. XLTiii.
î. Appien, Guerre civiles, 1. 11, ch. ixiï.
3. Plutarque, Vie de Pompée, ch. LT. — Dion Cassiut, I. XL, ch. ui, LT.
HISTOIRE DE CÉSAR
(les juges dans cette affaire, se boucha les oreilles avec les (leux mains, en disant (ju’il (Mait inconvenant pour lui crticouter un panégyriipie contraire aux lois'. Lesilli^galitcs rpie se permettait Pompée furent, aux yeux du peuple, la Justification des prétentions de César. Piorne devait à Pompée la restauration de sa tranquillité, et le sénat lui devait celle d’un ordre constitutionnel : luimème en retira le plus grand bénéfice, les bandes anarchiques ne l’inquiétaient plus et il pensait consiicrer tout son temps et tous ses moyens à attaquer César.
1,’amiée 51 amena des conjonctures (|ui déterminèrent de telle sorte les rapports entre Pompée et César, qu’on pouvait dès lors pressentir les signes avant-coureurs d’une rupture complète. Dans l’intention de ravir ses armes à (’.ésar ou de mettre au grand jour ses secrets desseins, Caton se pn^senta comme candidat au consulat; il avait aussi pour but d’agir contre Pompi'*e. Mais Caton ne fut point élu Un partisan de Pompée, M. Claudius Marcelliis, et Sulpicins Hufus devinrent consuls. Pompée s’absenta de Rome, parce qu’il craignait l’impétuosité de son parti et les reproches des amis de César. Il fit un voyage en Campanie et écrivit au sénat qu’il était prêt à remettre avant le temps fixé son gouvernement d’Kspagne là un autre. La majorité du sénat était toujours restée en bons rapports avec lui, parce qu’on le craignait moins que César ’. Les premières mesures hostiles contre ce dernier émanèrent de Mar-