‹ Le grand perturbateur romainChapitre 165 sur 277 · Appien, Gnerret civiles, I. Il, ch. XLVlll · texte numérisé non relu

Appien, Gnerret civiles, I. Il, ch. XLVlll

HISTOIRG DK CÉSAR.

de César comme dictateur avait été faite à son instigation ; pour les mesures qu'il allait prendre, il avait besoin d’une autorité puissante. Il ne fut point embarrassé de l’absence de tout organe légal dans la ville qui aurait pu l’en revêtir.

Aussitôt son retour à Rome, César se convainquit de l’énergie administrative de M. Antoine, dont la vie privée ne le touchait pas et à laquelle on ne fît nulle attention. La confiance s’était affaissée ou même perdue pendant les guerres: chacun avait besoin de ce qu’il avait prêté et personne ne payait: d’un côté, il y avait dureté de sentiment et retrait dans la circulation du numéraire ; de l'autre, impuissance et mauvaise volonté dont le prétexte était le bas prix des biens au milieu de l'incertitude générale des événements*. César fît estimer les biens hypothéqués d’après la valeur qu’ils avaient eue avant la guerre civile; après cette estimation il força les créanciers de les prendre en paiement et de manière à en déduire les intérêts payés ou ajoutés au capital*. Ensuite pour remettre en circulation les capitaux morts ou improductifs, il renouvela une loi ancienne qui prescrivait que personne ne pouvait garder au delà de 60,000 sesterces (12,600 fr.) en argent comptant. Mais cette même loi interdisait aux esclaves de dénoncer les transgressions. A cette époque arriva ce que Cicéron craignait de César, indépendamment d’autres crimes sans nombre. Au moyen de lois qu’il fit proposer par

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