‹ Le grand perturbateur romainChapitre 166 sur 277 · I. Dion CasMui, I. XLI, ch. xxxviil · texte numérisé non relu

I. Dion CasMui, I. XLI, ch. xxxviil

î. Ajiplcn, Giirrrei civiles, 1. II, ch. iLvili. — Dion Castius, 1. XLl, ch. XXXVII. — Suélone, Vie de César, cb. xui. — C{ur, Guerre civile, I. III, ch. I.

IIISTOIHE DE CKSAH.

Ic3 prétcui-s et les tribuns du peuple, on rappela les exilés qu’avait frappés la loi arbitraire de Pompée destinée à punir ceux qui briguaient les emplois en employant la corruption, et ces mêmes lois rappelèrent aussi ceux qui avaient été proscrits sur d’autres chefs d’accusation. La loi pompéienne avait été employée comme moyen politique pour se débarrasser des ennemis; César les rappela pour grossir son parti : car ils lui avaient offert leur concours'. Dans celte affaire on ne s’occupa point de l’innocence ni de la culpabilité. En même temps il abrogea la loi de Sylla concernant les enfants des proscrits; il leur rendit leurs droits. Ce fait ne fut point un acte de bonté désintéressée : la politique y avait une grande participation. Il témoigna aussi à cette époque sa reconnaissance à la Gaule cisalpine d’au delà du Pô. Il en avait été pendant longtemps le proconsul, il avait recherché la bienveillance de ses habitants et il avait été assez heureux pour l’acquérir. Il fut donc leur protecteur et avait formé de celle province un boulevard contre Rome. Il donne donc aux habitants des régions d’au delà du Pô, le droit de citoyen romain*. Il y avait dans Rome une puissance avec laquelle tout révolutionnaire perverti, tout parvenu devait compter pour se maintenir, n’ayant pas pour lui la distinction des gens vertueux et intelligents : celle puissance n’était pas le peuple, mais la populace de Rome, populace de la pire espèce, sauvage, sanguinaire, égoïste et flétrie par l’esclavage d’où elle sortait; pour se faire aimer de cette

Page 1