Dion Cas.Mii>!, I. XI. I, rli. xisix
2. Applen, Gurrres civiles^ I. Il, ch, LIV. — (’.r'sar, Guerre civile^' I, III, cil. \!, III, IXI.
HISTOlUE DE CÉSAD.
élail vainqueur, il se poserait comme autocrate'. Le sentiment de la liberté n’était point éteint chez les Romains; ils détestaient le despotisme: les formes légales seules de la République avaient été violemment secouées. Elles étaient gravement compromises et entamées par l’ambition personnelle aidée d’une habileté et d’une ruse typhoniques. C’est ce que César savait mieux que personne, et, pour éviter une réaction, il quitta Rome au plus vite, comme le rapportent encore Âppien et Plutarque. César n’avait point le sentiment religieux, point de sens moral, qui règlent la conscience et la conduite dans les voies de l’honneur et constituent la dignité de l’homme. Il croyait au futum accepté de son temps, qu’on faisait intervenir pour l’explication des choses et des phénomènes. Ce fatum était une force extérieure, incompréhensible ou inexpliquée, qui intervenait dans les affaires de ce monde, pour le gouverner et le maintenir. Aussi César écouta-t-il un devin qui lui dit qu’il se perdrait s’il restait en ville, mais que s’il traversait la mer, il aurait le bonheur et la victoire*. Son esprit était crédule dans le domaine des choses intellectuelles, parce qu’il n’avait pas de connaissances scientifiques du monde. Cela le rendait même supei'stitieux, le portait au formalisme des prati(|ucs du culle, plutôt par crainte ou précaution que par une conviction sincère. A l’époque où César était arrivé et dans l’état des choses, il avait le droit de faire la guerre. Il maintenait sa puissance par les armes, et il s’était fait auto-
1. Appien, Guerres civiles, I. Il, ch. >.Lïiit. '1. Dion Caulus, 1. XLI, ch. xxxu.
HISTOIUE DE CÉSAR.
riser légalement par le tronçon de sénat, qui siégeait à Rome, à agir selon son bon plaisir, sa volonté, sans avoir de crainte d’encourir de responsabilité'.
Pompée de son côté avait eu presque une année entière pour armer et se pre'parer à la lutte. Nous avons vu que dès le 17 mars il avait quitté Brundusium pour suivre les consuls qui étaient débarqués à Dyrrhachium.
L'abandon que fit Pompée de Rome et de l’Italie le mettait dans une position désavantageuse, parce que celte retraite faisait une grande sensation et le privait d’agir au moyen du sénat et du peuple; il paraissait comme un ennemi de la patrie qui se jetait dans les bras des barbares pour la combattre, la réduire à la famine, la piller et en tuer les citoyens*. Toutefois, dans l’hypothèse qu’il fût forcé de fuir, il y avait bénéfice pour lui /'
d’avoir choisi l’Illyrie pour son campement. Son nom était généraleraient connu et célèbre dans todt l’Orient; il y était admiré comme le vainqueur du terrible Mithridate et des pirates, presque tous les princes le connaissaient personnellement, et les peuples qui ne connaissaient que peu ou pas César et ses exploits dans la Gaule si éloignée d’eux, étaient habitués à lui obéir ; ils avaient des vaisseaux en abondance, ainsi que de la cavalerie et des troupes légères. Sur ses ordres, ils ouvraient leurs trésors, leurs magasins et leurs ports; la plupart de ses vétérans même étaient restés là sous les arme», ou bien il lui était aisé de les faire revenir do