Hirllus, Guerre d'Àfrique, cli. I
HISTOIRE DK CÉSAR. SJ'J
le détroit de Messana, et, sans s'arrêter, arriva au mois de janvier à Lilybce(Capo di Boco). Là il rassembla six légions et deux mille chevaux, qu’il fit embarquer incontinent et auxquels il fit prendre les devants en leur ordonnant de se rendre à file Âponiana, peu éloignée de Lilybée. Après s'être embarqué lui-même. César arriva le quatrième jour en vue de l’Afrique : il passa avec sa flotte devant Clupée et Néapolis, et se porta sur Adrumetum. Il y débarqua avec trois mille fantassins et cent cinquante cavaliers. En mettant le pied à terre. César fit semblant de trébucher et s’écria : « Afri(|ue, je te tiens, tu m’appartiens. » Mais C. Considius Longus défendait la ville avec deux légions et sept cents hommes de cavalerie, et dans le voisinage se trouvait Cn. Pison avec plus de Jeux mille cavaliers numides. César s’éloigna par prudence de cette ville, et se dirigea au sud vers Ruspina. Là fut livrée une nouvelle bataille, dans laquelle tout le talent du dictateur tourna mal pour lui ; il fut obligé de battre en retraite. De son côté, l’armée républicaine ne sut tirer aucun parti de ses succès, et nulles furent les conséquences de sa victoire. César, au contraire, profita des circonstances, il temporisa, gagna du temps, reçut de l’argent, des subsistances et des renforts, même par des déserteurs ennemis. 11 y eut des marches et des contre-marches, des escarmouches jusqu’à ce qu’enfin le jour de la bataille de Thapsus arriva.
Dès son arrivée en Afrique, César avait vu venir à lui P. Siltius, de Nuceria en Campanie. Cet homme avait été soupçonné de participation à la conjuration de Catilina ; il avait pris la fuite en l’année 64, s’était ré-
fugié d’abord en Espagne et plus tard en Mauritanie. Sittius était une espèce d’aventurier, de condotlièrc. Il amena une division de guerriers et une petite flotte à César, et combattit avec succès pour lui.
César avait été informé que Scipion était en marche avec huit légions d’infanterie, vingt mille cavaliers et trois cents éléphants, et le roi Juba avec une armée de trente mille hommes, vingt mille cavaliers numides et soixante éléphants. Ces forces étaient bien supérieures à celles que César pouvait leur opposer. La flotte révolutionnaire eut l’ordre de César de croiser devant Adrumetum et Thapsus. César commença le siège de cette dernière ville, que défendait une petite garnison sous les ordres du prétorien C. Virgilius. Deux jours après, le 6 avril de l’année 46 avant l’cre vulgaire, eut lieu la bataille de Thapsus qui décida du sort de la République et de la liberté des trois quarts du monde connu des anciens! Au commencement de cette bataille. César eut une attaque d’épilepsie, à laquelle il était sujet. Il avait donné pour mot d’ordre le mot bonheur^, et le bonheur, constitué par l’incapacité des chefs de l’armée républicaine, fut du côté de César. Scipion et les autres généraux furent vaincus. Cette bataille dura toute une journée, et César fut obligé de combattre jusqu’au soir* : il prit d'a^aut les trois camps ennemis. Plutarque porte le nombre des soldats républicains tués à cinquante mille* ce qui est sans doute exagéré, tandis