Tacite, Annalet, I. IV, ch. xxiiv
:i. Plutarque, fie de Caion le jeune, cli. xi.
HISTOIRE DE CESAR
Caton qui agissait en toutes choses avec la sévérité la plus morale en suivant le génie de l’antique et traditionnelle vertu romaine, parce que son caractère s’opposait à faire autrement, Caton était de la taille de César sous le rapport de l’ampleur d’esprit, mais d’une manière diamétralement opposée. C’est précisément pour cette raison que César le haïssait cordialement et plus encore parce qu’il ne pouvait pas le mépriser. L’explosion de leur lutte ostensible se lit dans ce jour solennel, où les foudres de l’éloquence de Caton écrasèrent le conseil perfide et sur le point d’èire victorieux de l’astucieux César, relatif aux membres de la conjuration de Catilina, et où ces foudres ranimèrent dans le Sénat en voie de s’abaisser, le vieil enthousiasme romain.
Quelle petitesse de la part du vainqueur de Thapsus de faire promener l’image de Caton dans son triomphe, de Caton qui avait triomphe sur lui de la manière la plus sublime par une mort volontaire. On peut ajouter foi au dire d’un témoin souvent suspect, que la mort de Caton affligea César, parce qu’elle le frustrait de la satisfaction de le voir orner son triomphe, quoiqu’il gardât le silence jusqu’à ce qu’enfin il manifestât, par une protestation gratuite, les desseins de clémence qu’il aurait nourris à son égard. Mais ce qui est encore plus bas, c’est que dictateur et semblable à un orateur oisif et hargneux, il écrivit des outrages contre lui, outrages si mesquins que les républicains eux-mêmes désiraient leur donner toute la publicité possible, afin d’élever d’autant plus la gloire de Caton et de ridiculiser le but de César qui était de critiquer Caton.
Après la bataille de Thapsus, Labiéiius fut le seul des
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chefs du parti républicain qui survécut : il put débarquer en Espagne accompagné de quelques amis. L’Elspagne restait le seul foyer du mouvement républicain. César réunit la Numidie à la province d’Afrique, dont Crispus Salluste, le grand historien mais le profond pervei-s, fut nommé gouverneur, pour la piller plutôt que pour l’adminislrer '. César fit tuer tous les membres du Conseil des trois cents de la ville d’Uli((ue qu’il put saisir ; mais il pardonna aux habitants de cette ville. La guerre d’Afrique avait duré à peine un an. César s’embarqua aux ides de juin, et trois Jours après, il arriva à Carales (Gagliari) en Sardaigne. Là il condamna les habitants de Siilci, ville du sud-ouest de l’ile, à une amende de dix millions de sesterces, pour avoir reçu la flotte de Nasidius dans leur port et lui avoir fourni des troupes. Au lieu du dixième qu’ils payaient, il les taxa au huitième, et fit vendre les biens de quelques-uns. Enfin le troisième jour des calendes de juillet, il remonta sur sa flotte, et, de Carales, il côtoya les terres ; mais les vents contraires l’ayant retenu dans les ports, il n’arriva à Rome que le vingt-huitième jour’, vers la fin de juillet de l’année 40 avant l’ère vulgaire, en 708 de Rome.
Pompée, Caton et tant d’autres républicains marquants n’existaient plus. Ils avaient péri dans la lutte soutenue avec le grand perturbateur qui, à l’époque où nous sommes arrivés, se croyait assuré du succès dans