‹ Le grand perturbateur romainChapitre 21 sur 277 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

dissensions et des guerres, ne serait point entièrement ordonné et consolidé. C’était de la part de Sylla se proposer lui-même; mais pour qu’il n’y eût point d’équivoque, il terminait sa missive par ces mots : « Personne dans cette affaire, selon ma manière de voir, ne peut rendre des service.s h la ville que moi-même « Flaccus, dans une rogalion, sollicite et obtient {lex Valeria) que Sylla soit nommé dictateur pour raffermir l’ordre et pour le temps qu’il jugerait nécessaire; que tout ce qu’il avait fait comme consul et depuis, fût valable; que l’adininistralion de l’État ainsi que la suprême puissance législative et judiciaire lui fussent conférées. Le dictateur rentre à Rome , nomme Flaccus magisler equiliim; les Romains lui présentent une liaclie et une couronne d’or. Alors, il se fit précéder de vingt-fpiatre licteurs, ce qu’aucun magistrat n’avait fait avant lui*.

B Sylla inclinait à la miséricorde. Comme il était d’un tempérament sanguin, la colère pouvait instantanément s’éleveren lui, et quiconijua voyait le feu de ses yeux s’animer et ses joues rougir devait le craindre; mais l’esprit chronique de vengeance, propre à Marins dans son animosité de vieillard, était entièrement étranger à son naturel généreux. Non-seulement , à la suite de la révolution de l’année S8, il avait montré une grande magnanimité; mais la suivante qui avait exercé tant de cruautés et qui l’avait frappé personnellement d’une manière si sensible, ne put davantage le faire sortir de son caractère. A » l’époque où le bourreau traînait le corps de ses amis à travers les rues de la capitale , Sylla avait cherché à

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