‹ Le grand perturbateur romainChapitre 224 sur 277 · liirtiui. Guerre d'Espagne, ch. xxxt · texte numérisé non relu

liirtiui. Guerre d'Espagne, ch. xxxt

II1ST0IHK DK CESAR.

l’armée révolutionnaire avec sa cavalerie pour la conduire au camp de Pompée, en tournant l'armée de ce général. Quand Labiénus s'en aperçut, il quitta le 'front de bataille avec cinq cohortes pour se porter au secours du camp. Des que les guerriers de Pompée virent ce mouvement, ils crurent que Labiénus prenait la fuite, et le découragement les saisit. César, soit qu’il crût que les troupes de Pompée fuyaient en effet, soit qu’en chef habile il feignit de le penser, saisit l’occasion, les chargea comme des troupes en déroute, releva le courage des siens, et abattit celui de l’ennemi. Scs soldats, se croyant vainqueurs, mirent plus d’impétuosité dans la poursuite. Ceux de Pompée, persuadés que leurs compagnons sont en fuite, se mettent à fuir eux-mêmes'.

L’auteur de la Guerre d' Espagne t\\i que César n’eut que mille hommes de tués, tant cavaliers que fantassins, et à peu près cinq cents blessés. Plutarque rapporte le même nombre. Par une exagération ridicule, trop souvent imitée depuis, les historiens césariens portent les pertes de leur héros à un nombre arbitraire et fantastiquement trop bas. La mêlée fut trop vive et trop acharnée pour qu’il ne tombât que mille soldats de César. Dans les rapports militaires, on devrait être exact et ne jamais se servir du mensonge, afin de ne pas être ridicûle. Par ces fausses appréciations de nombre, on éveille les soupçons, et l’opinion publique porte alors les perles plus hautes qu’elles ne le sont en réalité.

Tous ceux de l’armée de Pompée qui avaient pu se sauver se réfugièrent dans la ville de Munda, dans Cor-

1. Dion Ca^iU'i, I. XUII, cli. xxxviii. — Fioiut, I. IV, ch. ii.

IIISTOIUE DE f.ESAli.

doue, Asia (Xérès de la Fronlcra) et aulrcs places. Sextus Pompée ne fui pas préseni à la bataille de Munda : il tenait Cordouerpi’il (piitlasurla nouvelle de l’isstiede la bataille. Il traversa l’ilièrc et se rendit chez les l.acétaniens (nord de la Calalofine) ; là, il rallia les débris des légions de Munda et fit avec succès la guerre de parlisans. Après avoir pris Munda, Cordoue, Asta, (dades (Cadix), Cartéia (S. llogue, Rocadillo, non loin d’Algésiras), Ursaoou Urson (Ossiina), César quitta l’Espagne. Il y avait séjourné depuis le mois de mars jusfiu'au mois de septembre de l’année 45 avant l’ère vulgaire.

A partir de son retour d'Espagne, un grand changement s’opéra dans le caractère de César, il n’eut pas la force ni l’élévation d’esprit pour se tenir au niveau d'une des plus grande» faveurs du sort. Si jusqu’alors il avait lutte par des décrets arbitraires, de vastes projets, des mœurs faciles, une ironie peu civiipie, pour la possession du pouvoir monarchique, il en rechercha actuellement le titre et la pompe, on plus justement le clinquant, les apparences extérieures qui ne captivent que le vulgaire. C’est alors aussi qu’il conçut d’autres projets gigantcsi|ucs, sans bornes, impossibles même à réaliser, et IcsRomains coururent eux-méines au-devant de leur oppression, mais d’une oppression sans compensation. Après sa guerre d’Espagne, César revint à Rome ; on le craignait, il était ]dus illustre qu’aucun homme avant lui '. Il célébra son cinquième triomphe quoiqu’il eût vaincu des concitoyens. Il triompha sur des Romains qui, s’ils n'avaient pas lutté pour la liberté de Rome,

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