Sut^toiic^ Vie de Cés<ir^ ch. LWil
llistoitlt: Dt CÉSAtl.
les tnôliilgcr, car ils élaiciit encore nombreux, pleins d’eSpoir et dé vigueur, comme la suite l’a bien prouvé. Il fallait tlicnager la fierté et l’esprit républicains et les ménager par une conduite modérée et généreuse. Voilà le secret de l’indulgence et de la douceur de cœur do César dictateur. Quel contraste entre celui-ci et le César contjuérant des Gaules, barbare, impitoyable, cruel, alors qti’il n’avait rien à ménager et rien à craindre, avec le César triomphateur faisant étrangler Vircingétorix!
Sa clémence, tant louée dans les guerres civiles et pendant son règne, n’était donc qu’un calcul habile, profondément médité, et la pUissalicc avec laquelle il y persévéra, la constance, la fermeté avec lesquelles il y resta fidèle, ne peuvent qu’étonner. Seulement il faut bien se garder, lions le répétons, de mettre la clémence qu’il exerça sur le compte de la bonté de son cœur, et quant à un sentiment de respect ou de dévouement pour la sainteté du devoir et du droit, il n’en peut être question chez lui.
Au reste, nous avons l’aveu inéme de César des mobiles qui le faisaient agir aVec clémence. 11 écrivit à Caîus Oppius et à lîalbus Cornélius ce qui suit : Je me réjouis de ce que vous m’écrivez d’approbateur sur cb qui s’est passé à Corflnium. Je suivrai volontiers votre conseil et d'autant plus volontiers, que j'avais déjà l’intention d'agir avec douceur autant que possible et de tout employer pour me réconedier avec Pompée. Nous allons donc essayer si nous pouvons gagner l’aireclion générale et jouir d’un succès durable, car d’autres se sont fait détester pur leur cruauté et ne sont pas restés
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pour cette raison loiigleiops vainqueurs, à l’exception fie Lucius Sylla, sur les traces duquel je ne teux toutefois pas iimrclier. Osera une nouvelle sorte de victoire qiie de nous consolider au moyen de la pitié et de ràniilië, etc., etc.
O fut vers celle époque de sou adiniilistlalion que César rendit aux veuves des proscrits et de ceux tids hors la loi leur dot conllsipiéc pendant les guerres civiles* el à leurs enfaiils leur part d’héritage paternel Après la bataille de iMiarsale, la populace romaine avait renversé les statues de Pompée et de Sylla. Afin de léiiioigner de sa puissance et pour fermer des plaies politiques encore ouvertes, César, comme s’il eûl seul le souvenir du mérile de ces deux hommes, tlt rétablir leurs statues ; celte action lui attira à Un haut degré l’affection des Romains \ et la multitude imbécile et immorale, trompée par les apparences, salua de nouveau ce qu'elle avait méprisé et brisé auparavant;
On a prétendu que si César avait vécu le temps qu’il aurait pu et dû vivre, les conceptions les plus hardies de ritnaginalion n’aüraicnt pu mesurer ce qui serait advenu de Rome* de l’Italie, du monde. Il s’agit ici bien entendu des créations intellectuelles se rapportant au beau et à rutile. Nous avons déjà dit précédemment que César était dénué du vrai sentiment du beau. Ses facultés n’allaient pas au delà de la conception de l’utile, mais de l’utile concourant à son élévation et lui servant d’éUii et d'appui. Comme il ne éomprenait pas
U Cicéron, Lclires AtticuSi )• 1\, I. viii,