‹ Le grand perturbateur romainChapitre 245 sur 277 · Id · texte numérisé non relu

Id

HISTOinK DE CÉSAIt.

n’était point de commettre un assassinat dans un guetapens : ils voulaient, au contraire, infliger eux-méraes à la face du monde, pour ainsi dire, la punition exemplaire d’un crime commis envers la constitution, punition qu’ils n’auraient pu faire appliquer par les moyens ordinaires, puisque le coupable tenait dans l’asservissement l’État entier, avec ses tribunaux, par ses soldats et ses créatures*. Us avaient donc décide que leur action serait publique, éclatante, et il» comptaient ensuite sur l’assentiment universel. Celui qui attentait à la liberté publique devait tomber soit dans le champ de Msrs au jour des comices, soit sur la voie Sacrée ou au théâtre’, et là aussi, selon eux, devait renaître la République.

Il s’était répandu un bruit, dit Suétone, et qui prit assez de consistance ; César devait, disait-on, transporter à Alexandrie ou à Troie le siège ét les forces de l’empire, après avoir épuisé l’Italie par des levées extraordinaires et laissé à ses amis le gouvernement de Rome. On ajoutait qu’à la première assemblée du sénat le quindécemvir L. Cotta (un des quinze gardiens des livres des Sibylles) devait proposer, puisiju’il était écrit dans les livresdu Destin que les Parthes ne pouvaient être vaincus que par un roi, de donner ce nom à César’. Ensuite seize légions et dix mille cavaliers^ avaient déjà été envoyés à Brundusium pour faire voile à travers la mer d’Ionie (l'Adriatique); et César devait rejoindre son ar-

Page 1