SalUi»lc, Conjuration de Catilina, ch. u
IIISTOIIIE DE CÉSAU.
vulgaire ne s’attache qu’au formalisme, qu’aux apparences extérieures, ne saisissant presque jamais l’action morale. César n’a pas fondé de véritable royauté k Rome ; car la vraie royauté, dit Aristote, consiste dans l’obéissance volontaire à un chef unique investi de la suprême puissance'. Si des rois régnent par la force ou la ruse, alors, continue-t-il, ils ne sont- plus que des tyrans. — Le tyran fait aussi la guerre, afin de tenir scs peuples en haleine, et d’élre leur chef nécessaire. Les rois se maintiennent par leurs amis. Le tyran sc délie surtout des siens, parce qu’il est naturel que tous veuillent lui nuire, et que des amis surtout en ont les moyens *.
César fit peu à peu disparaître de la surface de l’empire romain toutes les individualités qui lui portaient ombrage d'une manière quelconque : il annula moralement ou faucha les hommes d’intelligence et d’action d’une moralité reconnue et éprouvée ; ililatta et caressa le peuple, le plongea peu à peu dans l'avilissement en le corrompant. Il sut éteindre chez les Romains le sentiment passionné de leui-s droits de souveraineté et leur inspirer le penchant pour la nouveauté et les aventures. César sut habilement anéantir la vénération et le respect pour les lois séculaires de Rome ; il jouait avec ces lois comme avec des hochets. 11 sut détruire,- extirper même, les vertus populaires dont il existait encore nombre de vestiges. Il brisa les ressorts qui maintenaient la société romaine dans un équilibre traditionnel