‹ Le grand perturbateur romainChapitre 267 sur 277 · Id., ch. xiu · texte numérisé non relu

Id., ch. xiu

HISTOIRE DE CES4R

quand Lucain composa sa Pliarsale dans laquelle il dépeint le caractère de César en ces termes :

Acer, cl indomilus; ç[uo spes, quoquo ira vocasset.

Ferre manuin, et nunquam lernerando parcere ferre 8ucees:iUi urj^ere ïuus : instare favori Numiqiü: impelicns quidquid sibi summa pctenli Obitarct; gaudcqs que viam fecisse ruina.

« Ardent, infatigable, où l’ambition, où le ressentiment l’appelle, c’est là qu’il vole le fer à la main. Jamais le sang ne lui coûte à répandre. Ilàter ses succès, les poursuivre, saisir et presser la fortune, abattre tout ce qui s’oppose à son élévation, et s’applaudir de s’ètrc ouvert un chemin à travers les ruines, etc. »

Florus, qui écrivait sous Trajan, se contente d’observations générales, et il met la mort de César sur le compte des deux partis républicain et dcspoti pie.

Eutrope, auteur de la seconde moitié du quatrième siècle, rapporte que César se comporta avec une hauteur tout à fait contraire aux usages de la liberté romaine. Ainsi, il accordait à son gré les honneurs déférés autrefois par le peuple ; il ne se levait plus lorsque le sénat venait à lui; en mainte occasion, il agissait en roi et presque en tyran.

Quatre siècles après César, voici en quels termes l’empereur Julien en parlait. Mercure ensuite questionna César : « Et toi. César, dit-il, quel a été le but de ta vie? — D’être le premier de mes concitoyens et de ne vouloir être regardé comme le second de personne. — Voilà qui n’est pas clair, dit Mercure. Est-ce en sagesse, en éloquence, en science militaire, en poli-

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tique? — Il m’eùl été fort agréable de primer en tout, niaib n’y pouvant pas atteindre, j’ai mis tout eu œuvre pour être le plus puissant des Romains. — Mais, dit Silène, as-tu été très-puissant chez eux? — Oui, dit César, puis(|ue j’ai été leurmaitre. — Soit! dit Silène, maistu n’a pas su t'en l'aire aimer, et cela, malgré les grands airs de clémence, empruntés au drame et à la scène, et tes Lasses adulations. — Tu crois donc, dit César, que je n’ai pas été aimé du peuple, qui a poursuivi Bruluset Cassius? — Ce n’est pas parce (ju’ils l’avaient tué, reprend Silène, puisqu’il les a faits consuls, mais pour l’amour de l’argent, lorsque, après la lecture de ton testament, il s'aperçut qu'il y avait une assez jolie récompense attachée à son indignation »

Quant aux triumvirs, il va de soi qu’ils aient toujours feint iine grande vénération pour le dictateur, comme l’ont fait aussi les empereurs pour Auguste; sous l’empire on n’osait manifester son opinion, parce que le sort du premier iniperator ne pouvait pas leur être indifférent.

Dans ce moyen àge(|ue César concourut à faire naître, vécut un homme, secrétaire du fameux Thomas Becket, et qui plus lard devint évéque de Chartres. Cet homme est Jean de Salisbury. Onze ans avant la mort de Thomas, Jean lui avait adressé à Toulouse, en 1 159, dont le roi Henri d’Angleterre faisait le siège, son célèbre ouvrage du Po/i/cralicus, dans lequel l'auteur ecclésiastique justifie la mort violente d’un tyran. Il dit que tous ceux qui abusent de leur pouvoir sur ceux qui leur sont

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