Vcllùius Paterculus, llv. U . ch. »*v
CÉSAR
riu.s; pins lard, Pompée vint à son secours. L’honneur de 'a victoire appartenait collcclivement aux deux généraux;
Is a-iébrèrent tous deux leur triomphe; mais la faveur ;iop\ilaire se tourna sur Pompée, car le sort l’avait partout servi, le bonheur avait couronné ses combats, et il connaissait l’art d’utiliser la faveur du peuple, de pn'-ter à des capacités médiocres ra|)parence du génie. La multitude de toute condition et de tous les temps ne révère que le succès ou sa forme extérieure, parce qu’elle a peu de sentiment pour le vrai mérite.
Pendant que Licinius Macer demandait sans relâche le réUiblissement du tribunat, problème dont la solution fut ajournée jusqu’au retour de Pompée, qui était en Espagne, Rome vit éclater la révolte des esclaves ou de Spartacus (de 7.‘i à 71). Un fait déplorable pour Rome, c’est qu’à la suite de la victoire des Romains sur les Cimbres, sur l’Adige en 10‘2, par le talent stratégique de Sylla, plus de soixante mille prisonniers, plus de cent cinquante mille dans le courant de la guerre, furent envoyés et distribués sur la surface de l’Italie, en Sicile et en .\frique. Vingt-huit ans plus tard, ceux de ces esclaves qui étaient encore robustes, ainsi que leurs enfants, vengèrent, dans la révolte des gladiateurs, l’outrage fait à leurs pères.
' Il y avait à Capoue un homme nommé Lentulus Batiatus*, qui tenait une école de gladiateurs destinés ^uix jeux publics, et dont il faisait une S[)éculation. Lorsqu’un édile ou tout autre personne voulait donner un
1. Plutarque, Vil diCrctssiU, ch. vin. — Appicn, Guerrii civitfs. liv. I, ch. cwi.
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combat de j^liuliatciirs ou d’animaux féroces, Lentulus en foui'nissait les combattants, moyennant salaire. A cet elTet, Lentulus avait acheté un grand nombre de Thraces, de Celles, de Gaulois, etc. ; il leur faisait faire des exercices dans un lieu enclos et fermé. Mais un jour, l’indignation et la colère leur montèrent au cerveau ; au nombre de deux cents ils voulurent s’évader; ils furent trahis. Soixante-dix-huit seulement parvinrent à se sauver. Le hasard qui leur lit trouver des armes, leur donna aussi un chef, Spartacus, Thrace d’oiàgine, courageux, d’une grande force physique, intelligent, et (jui, par la douceur de son caractère, méritait un meilleur sort. A la tête d’une bande de ses camarades, il délivre les esclaves partout où il en rencontre et bientôt son armée compta soixante-di.x mille combattants. La guerre, qui avait commencé en Campanie et eu Lucanie, s’étendit jusqu’au nord de l’Italie. L. M. Crassus, le même qui avait vaincu Rome dans l’armée de Sylia dix ans auparavant, fut envoyé pour combattre les révoltés, et il parvint à les exterminer. Quel- (lues-uns, au nombre de cini] mille, se dirigèrent vers les Alpes et furent tués par Pompée qui eut la fanfaronnade d’écrire au sénat (jue Crassus avait vaincu les gladiateurs en bataille, mais que lui. Pompée, il avait extirpé la guerre jusque dans scs racines L
En 70 , Pompée était dans sa trente-septième année et César dans sa trente-troisième : c’est alors qu’ils s’approchèrent l’un de l’autre pour la première fois. Pendant ^ cette année, Pom[)ée fut consul avec Crassus. Qu’était César en comparaison de Pompée? Sien encore. Il se lia