CHAPITRE PREMIER
naît à attendre l’heure de paraître et lui fit poser avec justesse et assurance les jalons destinés à frayer la voie qui devait le faire arriver à l'accomplissement de ses desseins égoïstes. Il s’effaçait au moment opportun, se montrait quand il était temps. César travailla pendant des années, à tendre, au moyen de manœuvres illicites et souvent vulgaires, les fdets dans lesquels ses rivaux ou scs ennemis devaient se prendre. Et avec une absence totale de moralité. César marcha sans scrupide dans des sentiers ténébreux pour atteindre son but, c’est-à-dire l’exercice d’un pouvoir arbitraire sans bornes. Aussi trahit-il souvent sa conscience, sa foi et ses affections. César caressa le peuple, aida les grands dans leur ambition, se tu démocrate, tout cela par calcul.
Sertorius, après avoir fait la guerre en Espagne comme tribun militaire, avait reçu un commandement sous le consul Scipion, lorsque Sylla, en lutte contre Scipion, à son retour d’Asie, cherchait à séduire son armée. Sertorius avait deviné les projets de Sylla et en avait prévenu Scipion qui, n’ayant pas tenu compte de cet avertissement, trahi et livré par ses soldats, fut renvoyé toutefois sain et .sauf avec Sertorius*. Ce dernier se sauva en Espagne. Il en fut chassé par Annius, lieutenant de Sylla, alors dictateur. A la mort de Sylla, le parti démocratique se reconstitua en Espagne sous Sertorius. A celte époque, il y avait à Rome quatre guerriers formés h l’école de Sylla : Pompée, le plus puissant; Crassus, le plus riclie; Lucullus, le plus magnifique, et Métclius, le plus noble de caractère. Métellus avait été envoyé d’abord contre Serto-