‹ Le grand perturbateur romainChapitre 43 sur 277 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

P»u«ge du Hubic^it, «n 40.

Ce fut dans )’ann^ 65 que César et M. Bibuliis devinrent édiles curules, degré supérieur à celui d’édile plébéien. César, pqur revêtir cette magistrature, devait avpir au moins trente-sept à trente-huit ans : c’est ce qui fait qu’on doit supposer qu’il naquit en l’année 102 et non 100 avant l’ère vulgaire, copme on a l’habitude de le dire.

Vers cette époque. César fait un coup hardi.

Un niaün, le peuple romain put voir briller, en haut du Capitole, les statues en or de Marius, oncle de César, aç^onipagnées des images des déesses de la Yjetoire et des trophées des victoires remportées sur les Cimbres. Ua foule s’y porte à longs flots, pie recherchait la nouveauté, la distraction des yeuiL,et ne se doutait guère que ce clinquant avait pour but de l’étourdir et de l’envelopper plus promptement et plus mollement dans la servitude la plus odieuse, Ues marianisles se remuèrent. Ils criaient que César avait fait remonter du fond des enfers, pour planer sur la ville, le souvenir et la gloire de Marins. Ils proclamaient César le digne parent de Marius. Le parti presque éteint de ce chef populaire était ainsi rappelé à la vie, et César s’attitirait la mission et le prestige de le représenter à son tour. L’esprit inquiet, subversif, personnel de César, réalisa ce

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quo Poinptkî ne sut que désirer ; il ajiil (|uaud ce dernier no fit quo ])onser. Frapper ce coup, c’était ouvrir avec hardiesse la voie que Pompée lonj^eait seulement et avec timidité. César leva donc le drapeau de la révolte, tandis que Pompée déserta momentanément celui du parti conservateur aristocrati(jue ])Our s’y rallier plus tard, après un long et funeste égarement. Depuis l’épocjue des Graaïues, pendant les guerres civiles, pendant l’administration de .Alarius et de Ginna, la moralité, du peuple romain était tombée dans un(! grande décadence. Les lois cornéliennes de SicarUx et Venefwis, et de Falxis en sont la preuve. Le génie révolutionnaire dans le sens du mal et de l’égoïsme de César continua incessamment à corrompre l’esprit public, juseju’au |»oint de le rendre malléable, susceptible de servir aveuglément ses convenances personnelles, son autocratie et S('S tendances dynastiques.

Dès ce tem[)s-là, d’immenses fortunes avaient pu se faire d’une manière scandaleuse, sans que le public y troioàt h redire. Le luxe devint effréné, surtout dans les palais. M. Lé|)idus, consul en l’année 78, introduisit dans sa maison, la |)lus splendide de Home, des architraves en marbre de Numidie mai bre jaune doré, veiné ou tacheté de |)Ourpre, matière très-chère et liès-rare. Pline accuse surtout Scaurue d’avoir ruiné les mœurs pendant sou édilité (58). Il avait élevé un tliéûtre, dont la scène était décoiée de trois cent soixante colonnes, en trois étages; le soubassement de la scène était en marbre, lu partie qui le surmontait était en verre, et le couronnement on moulures et panneaux dorés. Les colonnes inférieures

i. PliiU’, Histoire naturvUej îiv. W.WI, cli. \iii, xxiv.

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