‹ Le grand perturbateur romainChapitre 49 sur 277 · Cicéron, T>es Devoirs, liv. II, ch. xxi · texte numérisé non relu

Cicéron, T>es Devoirs, liv. II, ch. xxi

CÉSAR

ne se seraient jamais laissé employer comme des instruments aveugles par leurs généraux, l’occasion de se soustraire au service militaire, et avait au contraire ouvert la carrière militaire à la foule très-mélangée et non portée dans l’ordre des classes*. « Pour lui (Marius), ditSalluste, il enrôle les soldats, non pas dans l’ordre des classes, selon les anciens usages , mais comme ils se présentent, et la plupart, parmi les prolétaires;... car, pour un homme qui aspire au pouvoir, les plus indigents sont les plus utiles auxiliaires ; ne possédant rien, iis n’ont rien à ménager, et pour de l’argent tout leur paraît légitime -. » La classe des prolétaires à Rome, h cause de la foule des affranchis, dans les derniers temps de la République, était composée d’étrangers ou de descendants d’étrangers. Les suites de cette modification dans l’armée étaient dt^à incalculables, parce que les armées devinrent les agents passifs et complaisants des généraux. César profita de l’invention

de son oncle.

Depuis le moment où le sénat fut obligé de laisser briller sur le Capitole les images de iMarius enlevées par Sylla, replacées par le neveu de Marius, le neveu devint plus hardi. Il s’agissait maintenant de renverser d’anciennes lois et des institutions que Sylla avait établies, et qui le gênaient dans la voie qu’il voulait parcourir. Après son édilité en l’année 64, César présida pour le préteur en fonction, et comme judex quœslionis , les procédures sur les assassinats. Par une loi de Sylla , les exécuteurs de ses proscriptions légales devaient rester inviolables. Afin d’abroger de fait cette loi et de se frayer le chemin pour

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