‹ Le grand perturbateur romainChapitre 53 sur 277 · Plutarque, I ie de César, cli. vu · texte numérisé non relu

Plutarque, I ie de César, cli. vu

2. Ovide, Tristium, éli'g., i, v. 32. — Plutarque, Vit de Cicéron, eh. XVI.

cftsAn.

se fit autour de lui. Ce furent surtout les consulaires qui le fuirent avec le plus d’empressement. C’est dans cette journée mémorable que Cicéron prononça sa première Catiiinaire ou son septième discours consulaire. .\ux accusations de Cicéron, Catilina répondit par des injures. Le sénat l’interrompit , l’apixîla ennemi et assassin de la patrie, et Catilina s’éloigna rapidement. Dans la nuit du 7 au 8 novembre, il quitta Rome et alla rejoindre ses amis en Etrurie où une petite armée s’était recrutée. Cinq de ses complices qui voiiluivnt le rejoindre furent arrêtés 9.U Pons Uilcnis (aujourd’hui Ponte Molle).

Les cinq conjurés pi isonniers parurent devant le sénat le 3 décembre; la séance se tenait dans le temple de la Concorde. Après un long interrogatoire , le sénat décréta qu’ils seraient mis sous la garde des citoyens. Décinius Junius Silanus, consul désigné, avait opiné pour le dernier supplice. César, invité à son tour à donner son avis, dit que la grandeur de l’attentat surpasse tout ce qu’on peut imaginer pour le punir; qu’il est, relativement à la gravité du crime, de la même opinion que Silanus et des autres qui ont opiné avant lui; que sur la question de savoir comment il faut punir, l’avis de Silanus lui semble contraire aux maximes du gouvernement.

U Comme peine, d’ailleurs, la mort dans l’alRiction et dans l’infortune, n’est qu’un état de repos et nullement un supplice; elle met un terme h tous les maux des mortels : au delà, il n’y a plus ni joies ni chagrins. Pourquoi ne veut-on pas frapper d’abord de verges les condamnés? Silanus n’en dit mot, est-ce parce que la loi Porcia le défend? Mais d'autres lois aussi défendent d’arracher la vie aux citoyens condamnés, et ne leur infligent que

CHAPITBE II.

l’exil. Serait-ce que la peine est trop légère? Mais alors que signifie d’observer la loi en un point si peu grave lorsqu’on l’a violée dans un point si important? Qui blâmera l’arrêt dont on frappera les parricides de la République? Qu’on exerce une rigueur sans réserves, mais point d’arbitraire. » Alors César insinue qu’il [xiiit naître d’antœs temps, et donne un exemple du danger possible, dans une époque où Cicéron ne sera plus consul. Damasippus et d’autres scélérats de même es|)èce, ajoute César, avaient .sans doute mérité la mort; mais avec leur supplice commença un massacre (|ui ne ces.sa qu’à l’instant où Sylla eut gorgé tous les siens de richesses. Qu’on res- [iccte donc la loi Porcia et d’autres encore, qui permettaient l’exil aux condamnés. Qu’on retienne pri.sonniers les co-accusés de Catilina, afin qu’ils ne puissent pas grossir les rangs de son armée. Que leurs biens soient confisqués, qu’on les garde en prison dans les plus fortes villes municipales, et que personne ne puisse jamais en référer au sénat ou en appeler au peuple, sous peino d’être déclaré coupable d’attentat contre la République et le salut commun

L’homme (|ui émettait cette opinion avait cependant accusé et poursuivi Rabirius, et si César n’avait point été très-actif pour empêcher la conjuration d’éclater, il ne le fut pas non plus pour en punir les auteurs. Catulus et Caton enlevèrent le vote du sénat. César ne montra tant de 'longanimité dans cette affaire (pie [laree qu’il pensait qu’un jour il serait à la place de Catilina , et en cela il prati(]uait la maxime, « ne fais pas à d’auti'es ce que tu

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