‹ Le grand perturbateur romainChapitre 52 sur 277 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

infâme; ce fut Cicéron qui déjoua la conspiration de Catilina.

En l’année L. Scrsius Catilina avait quarantesix ans. Né de famille noble, il avait une grande force morale et physique, mais le caractère méchant, dépravé, l’esprit farouche, chaque jour de plus en plus tourmenté par le dérangement de ses alîaires et par le remords de ses crimes. La conjuration de Catilina n’avait point pour but de changer la forme de l’État, d’en introduire une nouvelle; c’était une tentative des membres les plus corrompus de l’aristocratie romaine, pour se débarrasser de leurs dettes, s’enrichir aux dépens de leurs concitoyens, perdre leurs ennemis, et enfin se soustraire à l’infamie qui les attendait*. Catilina, l’auteur du plan de cette conjuration et l’âme de l’exécution, avait été préteur en l’année 69; il avait eu le gouvernement de la province d’Afrique, et s’était mis sur le.s rangs avec Cicéron pour le consulat non sans cpielque espoir. Crassus et César l’aidèrent de toute leur iniluence.

Le procès de Catilina commença le 7 novembre. Cicéron, alors consul, convoqua le sénat dans le temple de Jupiter Stator, édifice périptère, un des deux temples élevés par Q. Métellus le Jlacédonicn, un peu plus tard qu’au milieu du ii' siècle avant l’ère vulgaire. Appuyé au . mont Palatin, il était situé à l’entrée de la voie sacrée*, j Le consul avait eu la précaution de le faire entourer de chevaliers romains. Catilina parut au sein des sénateurs; son salut ne lui fut point rendu, et lorsqu’il s’assit, le vide

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