‹ Le grand perturbateur romainChapitre 55 sur 277 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

D(\s que LcnUilus fut desœndu dans ce carliot, les bourreaux, qui en avaient reçu l’ordre, l’étranglèrent. Les quatre autres, Céthégus, Statilius, Gabinius et Céparius, subirent le même supplice. Le consul était resté devant l’entrée du cachot afin de s’assurer par lui-même de l’e.xécution de ses ordres. Comme il voyait autour de lui une grande multitude, parmi laquelle il y avait beaucoup do conjurés, surtout dans le Forum, qui ne savaient pas ce qui s’était passé, et espéraient toujours pouvoir délivrer les prisonniers, Cicéron, entouré des hommes les plus considérables de la République, de consulaires, de triomphateurs et de sénateurs, s’avança dans le Forum uù il prononça solennellement, dans l’horreur de cette uuit, les paroles suivantes : « Ils ont vécu, » paroles que les échos répétèrent autour de cette vaste place, de portique en portique. C’est ainsi, dit Plutarque, qu’à Rome on désignait la mort quand on voulait éviter de prononcer un mot de mauvais augure*.

C’est vers ce temps qu’un événement frappa César, et qui, pour tout autre que lui, aurait donné lieu à des conséquences plus graves. Au commencement de décembre 62, on célébrait la fête de la Bona Dea , dans la maison, sur la voie Sacrée, qu’habitait César en sa qualité de souverain pontife. Les femmes seules étaient admises dans les cérémonies de cette fête. Pompéia, la femme de César, fille de Q. Pompée Rufus, petite-fille de Sylla, avait pour amant P. Claudius (Clodius) Pulcher. Clodius, dont la figure était féminine et presque sans barbe, se déguisa en musicienne, et ayant gagné Abra, esclave de Pompéia, il

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