Plutarque
CÉSAR
espérait arriver auprès de son amante. Mais tandis que l’esclave prévenait sa maîtresse de l’arrivée de Clodius, il s’égara et fut découvert par une domestique d’Aurélie, mère de César. Toutes les femmes jetèrent des cris : on lit une perquisition dans la maison; toutefois l’audacieux Clodius avait pu fuir. Dans le procès qui eut lieu, César parut comme témoin et sembla prendre cette aiïuire avec une légèreté inconcevable. Il déclara qu’il ne savait rien de ce dont Clodius était accusé, et comme cela surprit fort les juges, l’accusateur lui demanda pourquoi donc il avait renvoyé sa femme? C’est que j’ai voulu, dit-il, que ma femme ne fût pas même soupçonnée. » En la répudiant, il donnait cependant prise à la culpabilité de Pompéia. Mais, ne voulant pas affaiblir sa popularité, il ne chargea pas Clodius, favori momentané de la multitude, «t sacrifia ainsi son honneur à son intérêt politique.
Vers la tin de l'année 62, Pompée revint d'Asie en Italie. S’étant arrêté dans son trajet à Mytilène, il fut si émerveillé du lliéâtre de celte ville, qu’il s’en procura un pian d’après lequel il avait l’intention d’en faire élever un semblable, mais de plus grande dimension, à Rorae^; et il rendit la liberté h celte ville eu considération de Tlicophane, son favori. En passant à Rhodes, il y salua le savant Posidonius^, ainsi qu’il l’avait déjà fait une première fuis, lors de la guerre des pirates. Posidonius était malade. Pour lui éviter tout bruit et tout dérangement, et pour l’honorer par une marque singulière de déférence. Pompée ordonna à ses licteurs de l’introduire chez Posi-
1. Plutarque, Vie de Pompée, ch. iui. — Velléius Patorculus, liv. II,
ch. XVIII.