‹ Le grand perturbateur romainChapitre 58 sur 277 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

mais avant sa campagne contre les Parthcs, en l’année 54, antérieurement à l’ère vulgaire, il avait su la faire monter à 7,100 talents, ou 38,340,000 fr. Grassus possédait plus de cinq cents esclaves, dont la valeur était d'autant plus grande, qu’il n’en achetait que d’habiles et d’adroits; il les faisait instruire ou les instruisait lui -même. On leur enseignait l’écriture, le calcul , l’agriculture, et surtout ce (jui avait rapport à la construction. Il en louait, de plus, un grand nombre pour les faire travailler à son compte. Sous la dictature de Sylla, il s’était enrichi considérablement en achetant à bas prix les biens des proscrits. Il eut aussi une autre source de richesse ; comme la Rome républicaine était construite d’une manière fort irrégulière, que les maisons étaient mal bâties et trèsélevées, il s’en suivit qu’il y avait fréquemment des incendies. Grassus ne manquait jamais de s’y présenter; il marchandait alors à leurs propriétaires les maisons mitoyennes ; ceux-ci les lui abandonnaient à vil prix, afin de ne pas courir le risque de perdre encore davantage. G’est de celte manière qu’il devint propriétaire de la plus grande partie de Rome *. Il monopolisait avec un grand art l’habileté du commerce des terrains , ne bâtit jamais à son compte que sa propre maison; car il avait l’habitude de dire que les amateurs de construction se ruinaient euxmêmes, et qu’ils n’avaient pas besoin de concurrents. Grassus avait eu encore d’autres ressources pour l'augmentation illicite, immorale de sa fortune. Il était accusé d’avoir dénoncé des innocents , de les avoir fait inscrire sur les listes de proscription, afin de s’emparer de leurs biens.

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