Slrabou, liv. XI, p
CHAPITnE II.
donius sans frap|icr ù su porte, connue c'était cependant l’usage à Rome. Athènes se ressentit de la niuniGcenco de Pompée : il lui lit un présent de cinquante talents f207,000 fr.), et n’oublia pas non plus ses philosophes.
Tout Rome croyait que Pompée entrerait dans la ville avec son armée, mais il commit la grande faute de la licencier en arrivant à Brundusium : selon Dion, ce fut la plus éclatante de ses actions’. Vers le milieu de janvier de l’année Cl, une foule d’amis et d’admiraU‘ui’8 l’escortèrenl de la côte jusqu’à ses jardins près de Rome. Il semble qu’une grande partie de l’Italie soit accourue pour le voir et l’entendre, et une multitude de Romains allèrent également au-devant de lui. Cependant le licenciement de l’armée par Yfmperalor, favori de la fortune, fut plutôt un acte commis dans un moment de ses illusions, qu’un acte de modération résultant de ses sentiments républicains. Il espérait, par cette preuve de sa soumission aux lois, gagner le prti conservateur ou la noblesse, et il croyait que le peuple lui était dévoué. Il espérait que l’éclat de ses actions, que l’impression que ferait sa personne', le mèneraient à son but sans attentat aux lois. Mais Pompée s’était trompé; il ne connaissait ni les grands, ni le peuple ; il se connaissait encore moins luiméme. Élevé dans le bien, aimant le juste et l’honnéte, il se fourvoyait dans son milieu. César était là, qui le devinait, et ses calculs étaient exacts. Pompée s’était désarmé et ses ennemis triomphaient.
Un événement dans la vie de Pompée eut lieu à cette époque. Il répudia, en arrivant en Italie, sa troisième
1. Dion Cassius, liv. XWVIi , cli. xx. — Ap|>ica, tiufrr* contre Mithridale, ch. cwi.
CÉSAR
St
femme Miicia, fille île Q. Mucius Scævola, consul en l’année 95, et mère de Sexlus Pompée. Dès l'absence de Pompée le Grand, lors de la guerre des pirates, Mucia était déjà devenue adultère, et pendant qu’il combattait en Asie le roi Mithridate, elle avait César pour amant Tout le monde à Rome approuvait Pompée : les parents de sa femme lui furent seuls opposés. Pompée pouvait tout supporter, excepté le ridicule
Gomme la loi ne permettait pas de franchir les portes de Rome avant la célébration du triomphe , Pompée demanda au sénat de différer l’élection des consuls , afin qu’il pût y participer et favoriser M. Pupius Pison Calpurnianus, son légat. Mais Pompée vit cette première supplique refusée par le sénat. Indépendamment de Caton et de Lucullus, qui, depuis son retour d’Asie, vivait dans la jouissance de ses richesses, Métellus le Crétois, aigri avec raison contre Pompée, lui opposa la voix de ses amis. De son côté, Crassus était depuis longtemps l’ennemi de Pompée, et c’était un ennemi d’autant plus dangereux que, riche et usurier comme on le verra bientôt, il tenait en son pouvoir bon nombre de voix de sénateurs dont il était le redoutable créancier.
Au nombre des niais politiques d’un certain genre, mais niais corrompus, suppôts de César (car César n’avait d’ami que César), était Licinius Crassus Dives, né vers l’année 115 avant Père vulgaire. D’une famille plébéienne, il avait relativement peu de fortune à l’origine, car son père avait été persécuté par les marianistes qui le dépouillèrent. Grassus ne possédait que tiois cents talents, ou 1,620,000 fr.;