CHAPITRE PREMIER
avait été conféré le droit de citoyen romain. L’abîme qui existait entre Rome dominatrice et l’Ilalie dominé (X)uvait avoir été regardé comme nécessaire à la politique i-omaine durant une courte période de temps : car tant (|ue la langue, la religion et les mœurs des Italiques les réparaient encore de Rome, il était impossible à celle-ci d’élever parfaitement à un droit commun avec elle ces peuples et surtout ceux de races essentiellement différentes de la sienne. Toutefois, à la 6n, cette démarcation intérieure s’effaça en grande partie, tandis que celle de l’extérieur, seulement politique, continuait à subsister.
La langue, les mœurs, la religion et le droit romains s’étaient étendus en quelques siècles sur l’Italie, au moyen plus particulièrement des colonies que Rome avait fondées dans les provinces soumises, et cela de telle sorte que la nationalité primitive des races italiques allait s’effaçant graduellement. Les Italiques étaient devenus presque entièrement Romains de vie et de mœurs; ils supportaient, de plus, les charges de l’État romain et ils fournissaient leur contingent aux armées romaines. Les Italiques ne demandaient qu’à devenir citoyens d’une ville pour laquelle ils avaient conquis le monde’. Malgré tout cela, ils restaient séparés des Romains par un abîme qu’avait creusé le droit politique et privé. A cette iniquité venait se joindre pour les communes le préjudice suivant : Rome visait à attirer à elle les municipaux distingués par la richesse et la considération. Plus d’une voie était légalement ouverte ’ à l’homme opulent pour arriver à la pleine jouissance du droit de citoyen romain. Quiconque avait exercé une di-