CHAPITRE II
devait les ménager tous deux : il ne craignait pas non plus qu'ils parvinssent à le dominer par leur bonne intelligence entre eux ; car il savait trop bien que par leur amitié il gagnerait les autres, et que par lui-méme il les entraînerait en peu de temps; c’est aussi ce qui arriva. Il les réconcilia entre eux et les gagna à .ses projets. Pompée et Crassus, réconciliés, chacun par des raisons particulières, firent entrer César dans la communauté de leurs intérêts. Pompée ne pouvait espérer de se maintenir de niveau avec Crassus, qui était déjà puissant, et avec César, dont l’étoile montait; il devait même craindre d’être renversé par eux. Mais, au moyen d’une alliance avec eux, il espérait rétablir sa puissance passée. Crassus, de son côté, pensait que la naissance et les richesses devaient l’élever au-dessus de tous. Comme il voyait Pompée descendre et César s’élever, il désirait les maintenir tous deux en échec, ne laisser aucun des deux devenir trop puissant, dans l’espoir de recueillir, taôdis qu’ils lutteraient ensemble avec des forces égales, les fruits de l’amitié de chacun et d’être considéré plus qu’eux. C’est-à-dire que sa politique intime n’était ni dans l’intérêt du peuple ni dans celui du sénat , mais uniquement portée sur l’établissement de sa puis- .sance personnelle. Dans ce but , il les flattait également tous les deux, prenait garde de les choquer, et avait soin de se faire bien venir en les aidant de telle sorte qu’il paraissait l’auteur de ce qui leur était agréable et sans participer à la cause de leurs revers »
Le triumvirat fut donc une alliance entre la ruse, la gloire et la richesse. César voulait s’élever. Pompée se