‹ Le grand perturbateur romainChapitre 66 sur 277 · Dion Cusius, liv. XXXVH , ch, un · texte numérisé non relu

Dion Cusius, liv. XXXVH , ch, un

r.f.sAn.

maintenir et Crassus s enrichir; tous, également avides d’autorité, s’accordèrent sans peine pour se saisir de la République*. L’alliance de ces trois hommes fut ostensible, publique; ils se prêtèrent serment de n’avoir qu’une volonté. Or, comme ils exécutèrent dans la suite toutes leurs décisions par l’intermédiaire de leurs créatures aveugles et soumises, ou par la menace de la violence, ainsi que le 6t Pompée en introduisant son armée h Rome, lorsqu’il fut question de la sanction de ses actes et de la distribution des terres à ses vétérans, c’est à partir du moment de la constitution du premier triumvirat que l’autique forme de l’empire romain fut abolie.

Le but du triumvirat était l’anéantissement de l’aristocratie, mais aussi chacun des triumvirs se proposait de travailler dans son propre intérêt , et nourrissait en secret des projets dirigés contre ses collègues. Pompée voulait se servir de la triple alliance pour reconquérir son ancienne considération, et, dans sa haute opinion de lui-même, il n’espérait remplir d’autre rôle que le premier. Crassus voulait grossir ses trésors, et, en outre, gagner une considération plus forte que celle que lui donnait sa fortune. Il prévoyait les dissensions qui devaient s’élever entre César et Pompée; il espérait, pendant qu’ils se soutiendraient en équilibre, parvenir à l’élévation qu’il méditait. Le plan de César fut celui qui s’étendait le plus en dehors de l’intérêt direct de l’alliance. Seul, il ne pouvait pas amener la chute de l’aristocratie : dans ce but , il se ligua avec les deux hommes les plus puissants dans l’État. Mais il connaissait les hommes, et U ne tenta rien contre la prépondérance

t. Florus, liv. IV, ch. U.

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