‹ Le grand perturbateur romainChapitre 70 sur 277 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

culière, le mutuel appui de leurs forces, les triumvirs s’emparent, César de la Gaule, Crassus de l’Asie, Pompée de l’Espagne; trois grandes armées leur obéissent, et cette association donne à trois chefs l’empire du monde *.

Tandis que le triumvirat désarme ou volatilise , pour ainsi dire, les antagonismes politiques entre le patriciat et le peuple , enlève à la foule les passions de parti , la dernière arme, et cela au moyen d’une jonction habile, a6n de faire place à une indifférence indolente et paresseuse ou à des fluctuations variables, inconstantes, la minorité républicaine , formée des débris égrainés des partis du peuple et du sénat, essaye de faire une résistance infructueuse sous la direction du grave et intègre Caton. Car toute 1a force de Rome tourne et jaillit de l’intérieur à l’extérieur, et consomme la décadence de la République déjà fortement minée au moyen de cette direction intempestive et inopportune.

Le triumvirat n’était point officiel. Quand Pompée et Crassus conclurent ce pacte monstrueux avec César, ils n’avaient nullement l’intention de perdre le parti de l’aristocratie auquel ils appartenaient; et César, de son côté, était peu disposé à rendre au peuple et aux tribuns turbulents et inquiets qu’il employait comme instruments, le pouvoir qui leur incombait par la constitution. Les troubles devaient se perpétuer par cette raison. La première décision des trois homm^ se rapportait à la confirmation de tous les actes de Pompée en Asie; César devait être consul l’année suivante (59) , et comme tel , confirmer contre la volonté du sénat , les dispositions de

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