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Le grand plan

« ... Cest peut-être sous F apparence sévère, mais sérieuse et solide, de quelque fiscalité internationale, que la Société des Nations dessinera ses premiers traits ! »

Antonin Dubost,

Président du Sénat.

(Discours de Rentrée du Sénat, 16 janvier 1919.)

s* JJufeur dédie ce Sivre

Jlu Peuple de la ^rave j-rance

Qui pendant quatre années

a subi l'assaut de cette effroyable Çuerre

€t qui voit maintenant se lever l'aube

du Jour radieux de la J^aix

Jiprès avoir, de si magistrale façon,

Jlvec tant de courage et de patience,

Q)irigé la Suite pour le j)roit et la Siberté. ,

S' Jluteur espère que les plans exposés dans ce livre seront le moyen de résoudre les problèmes d'après-guerre et de mettre à jamais fin à la Çuerre,

PRÉFACE

par Tfl. Lazare WEILLER

Voici un livre qui nous vient d'Amérique. C*est le livre d'un grand réalisateur, qui est en même temps un prophète, La traduction quasi littérale que nous en donne M. C. Georges-Bazile n'^en altère pas la puissante et originale saveur.

Entraînés comme nous le sommes depuis plus de quatre ans dans le plein de l'action formidable qui a secoué terres et mers comme dans un cataclysme cosmique, nous n'avons peut-être pas la vision exacte du chaos dans lequel la folie criminelle de l'Allemagne a précipité l'univers.

M. Stilwell, l'auteur de ce livre, a pris de la hauteur. Son coup d'œil a tout embrassé, le présent cruel, l'avenir effrayant. Personne, à ma connais-

PRÉFACE

sance, n a perçu Vavenir avec une netteté et na exprimé avec une sincérité égale toutes les données du problème qui se pose devant les nations civilisées, et qui est de savoir si elles vont survivre dans l'activité ou agoniser dans la torpeur.

Je ne veux pas, dans cette brève préface, déflorer ces pages profondes et vibrantes, dans lesquelles M. Stilwell sait donner aux chiffres la couleur même de la vie.

Nous avons vaincu, il faut que notre victoire libère Vavenir du monde. Que de ruines à déblayer! ^Huit millions de tués et morts de blessures et de maladies, c'est-à-dire, comme le note M. Stilwell en s appuyant sur les constatations de la science biologique, quatre cent millions d'années de travail humain perdues pour l'humanité! Mille milliards de dépenses, c'est-à-dire une somme près de dix fois supérieure ^au coût de toutes les guerres du monde de 1793 à 191 à, dix-huit fois plus élevée que l'ensemble des monnaies d'pr et d'argent en circulation avant le début des hostilités, cinq fois plus forte que la totalité des Dettes nationales avant 191 à!

Il faut liquider cependant et recommencer à

PRÉFACE

vivre. Mais que sera la vie des nations et des individus si la guerre reste menaçante? Va-t-il falloir^ pour éviter les désastres que la Science permettra demain à l'aviation de déchaîner, va-t-il falloir installer sous terre, dans des puits de mines, tous les organismes de la vie politique, économique, sociale, artistique de la famille et de la Cité? L'humanité va-t-elle redescendre aux cavernes, d'où le génie et le travail [l'avaient ^fait sortir?

Jamais de telles questions ne s'étaient posées avec tant d'urgence et une nécessité aussi massive. Pour les résoudre, l'imagination constructive doit venir en aide à l'expérience des hommes d'Etat, qui parait aujourd''hui bien courte.

Si toutes les idées, émises dans son livre par M. Stilwell, ne commandent pas ^notre (/dhésion avec la même fulgurante autorité, si quelques-uns des détails d'application de son système doivent provoquer, soit des réserves momentanées, soit des critiques, l'ensemble n'est pas seulement d'un intérêt prodigieusement attachant, j'ose dire qu'on y perçoit comme l'éclair du génie.

Physionomie passionnante que celle de ce grand

PRÉFACE

Américain, Rien en lui d'^un théoricien d'école, d'un financier 4e cabinet,^

Il est, au sens le plus général et le plus précis du mot, un grand constructeur. Ce penseur, cet écrivain, ce poète, a construit, à lui seul, près de cinq mille kilomètres de chemins de fer entre les Etats-Unis et le Mexique. Il a construit le canal et le port de Port- Arthur au Texas. Ce canal peut charrier les plus grands bateaux, ce port est . devenu le plus important pour l'importation aux Etats-Unis.

Ce manieur d%ommes et de capitaux *quest M. Stilwell a vu venir depuis longtemps la tempête qui, en 191 à, s est abattue sur le monde. Ce précurseur qui croit à la paix universelle a donné en 1911, ce titre : « Paix Universelle », à un livre dans lequel il annonçait la guerre. Il voyait le danger, il suppliait chacune des grandes puissances de créer à côté du ministère de la Guerre, un ministère de la Paix.

Trois ans avant la guerre, M. Stilwell traçait les lignes essentielles de ce que devra être la Société des Nations. Ce livre de 1911 était dédié à Vempereur Guillaume, au Tzar et au roi George V .

PRÉFACE

Cette guerre qu'il redoutait, parce quil en mesurait déjà les horribles ravages, il savait d'où elle devait venir. U agresseur ne le surprit pas plus que l'agression. Au deuxième mois dé la guerre, il donnait un second volume, dont le titre est singulièrement significatif : Au inonde entier, TAllemagne exceptée !

J'ai relu ces pages ardentes et farouches : toutes les horreurs que nous avons vues et que leurs témoins directs ont cependant peine à croire, toute cette furie de dépenses ruineuses y étaient annoncées,

M, Stilwell, qui a su écrire cette douloureuse histoire avant sa réalisation, est donc qualifié plus que personne au monde pour appliquer à la Paix de demain cette puissance divinatoire qui s'exerça avec tant de précision sur la guerre d'hier.

J'ai parlé naguère, dans un livre sur l'Amérique (i), de ces hommes aux grandes idées qui sont comme la fleur de ce grand peuple. M. Stihoell,

(1) Les grandes idées d'un grand peuple.

VI PREFACE

quand son œuvre sera connue, en restera comme Vun des types les plus parfaits.

' Toutes les nations semblent aujourd'hui condamnées à la banqueroute immédiate, sauf le Japon et les Etats-Unis. Mais pour ces deux pays même, quelle menace de ruine, de ne rencontrer pour clients sur toute la surface de la terre que des peuples en déconfiture!

Or, à un désastre universel, seul peut être appliqué un remède universel. Le Grand Plan de M. Stihvell tend à le trouver dans la création d'une Société financière des nations qui, sans nuire au crédit et à l'autonomie des divers Etats, sans pror voquer chez nous une crise d'inflation, créerait une monnaie nouvelle universelle, amortissable en cent ans. Cent ans de labeur commun, qui n'exclut pas, d'ailleurs, à la charge des criminels vaincus, des sanctions particulières, cent ans de paix assurée.

Comment s'organiserait cette institution internationale, comment elle fonctionnerait sans imposer aux divers pays des obligations fiscales supérieures à leurs facultés contributives, comment toute la richesse de l'Univers servirait de gage solide

PRÉFACE

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