‹ Le grand planChapitre 13 sur 56 · UN PLAN FINANCIER SUBSIDIAIRE · texte numérisé non relu

UN PLAN FINANCIER SUBSIDIAIRE

financier que la découverte de Félectricité Ta été pour le monde de l'industrie.

Il est nécessaire de recourir à un plan quelconque pour alléger autant que possible les charges résultant de cette guerre. Le Grand Plan ci-après réalise cet objet sans dépenses pour qui que ce soit ; mais s'il n'était pas adopté, le plan subsidiaire examiné ici permettra d'atteindre des résultats presque aussi appréciables, tout en évitant la mobilisation de la richesse. Dans ce chapitre, nous appellerons la monnaie nouvelle : Monnaie-Prime, tandis que dans les chapitres concernant le Grand Plan il sera question d'une Monnaie-Obligation. La différence est la suivante : si la monnaie émise par une certaine nation est basée sur des obligations internationales, c'est la Monnaie-Obligation ; mais si le Grand Plan n'est pas adopté et si les nations paient leurs dettes de guerre comme il est suggéré dans ce chapitre-ci, alors il doit s'agir de la Monnaie-Prime. Si par exemple les emprunts de guerre émis par l'Angleterre et la France atteignent cent milliards pour chacune d'elle, il faudra, pour liquider la dette en cinquante ans, moyennant un intérêt annuel deb^/o,

débourser tous les ans une somme égale aux sept centièmes de cent milliards. Mais si T Angle terre et la France émettaient une Monnaie-Prime en soixante-six séries, remboursables par le tirage au sort d'une série par an, avec une prime de 10 ou 15% payable lors du tirage, cela impliquerait saulement un débours annuel d'un peu plus de 1 1/2 pour cent du montant de la dette; ce qui serait un fardeau relativement léger et permettrait à ces nations d'avoir une quantité importante de monnaie nouvelle, laquelle serait grandement utile durant le travail de restauration qui suivra la fin des hostilités.

Les obligations à prime ne seraient d'aucune utilité. La Monnaie-Prime payerait les dettes non liquidées et les convertirait en une importante quantité de monnaie nouvelle, qui coulerait dans les artères de la vie industrielle.

La cote en bourse des obligations d'une nation dépend de la confiance que celle-ci inspire. Au moyen du système ci-dessus d'une Monnaie-Prime, il n'est point douteux que l'Angleterre ou la France rachetât cette monnaie dans une période de soi-

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xante-six ans. Comme cette monnaie aurait cours légal pour le paiement de toutes dettes, impôts, etc. , elle serait préférée aux billets de banque. Les obligations à prime doivent être vendues pour être converties en monnaie, tandis que la Monnaie-Prime est une monnaie jusqu'à ce qu'elle sorte au tirage.

L'avare préférerait la Monnaie-Prime à For, car For n'augmente pas de valeur tandis que sa Monnaie-Prime pourrait sortir à n'importe quel moment. Il en est de même pour les détenteurs de richesses cachées, sous une pierre ou dans le bas de laine, qui passe pour être la banque favorite du paysan français. Toutes ces populations économes préféreraient la Monnaie-Prime et céderaient les grandes quantités d^or qu'ils détiennept et qui s'élèvent sans doute à plusieurs millions.

Il va falloir nécessairement établir une monnaie nouvelle, car tout l'or du monde sera insuffisant à régler les intérêts annuels des dettes de guerre et restera de plus, sans doute, étroitement enfermé dans les cofïres des nations. Un système de crédit très large doit être établi sur de nouvelles bases; c'est à quoi tendrait la Monnaie-Prime ; en fait,

elle serait préférable à tout autre monnaie, et les nations seraient amenées à faire des lois afin que la Monnaie-Prime ne puisse être exigée dans le paiement des dettes.

La crainte inspirée par les surcroits de dette, la crainte de voir mobiliser le capital fait baisser les valeurs. La baisse des valeurs afïecte tous les commerces, et restreint les affaires. La restriction des affaires réduit les profits et les revenus et laisse le travailleur dans le dénuement. La réduction des revenus pyive la nation d'une importante source de richesse, à savoir Timpôt sur le revenu. Au moyen de la Monnaie-Prime, les dettes de guerre pourraient être liquidées d'une manière très sûre sans recourir à la mobilisation de la richesse. La Monnaie-Prime fournit une nouvelle source de richesse qui, loin d'affaiblir les finances et le commerce, les aiderait considérablement. Toutefois, comme il a été dit plus haut, la Monnaie-Prime n'est pas comparable à la Monnaie-Obligation pour le rachat de laquelle aucune nation n'aurait à débourser un liard ; m^ais la Monnaie-Obligation ne peut être émise qu'après accord de toutes les nations.

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