CHAPITRE VIII
L'auteur de ce livre a la conviction que le plan exposé dans les pages suivantes est le plus complet qui ait été formulé à ce jour en vue de Tobtention de la paix universelle dans un monde uni et confédéré. Il confond toutes les nations de la terre dans une union financière. Il suprime le chaos financier que la guerre a engendré; il restitue aux populations l'argent qu'elles ont dépensé dans le but de poursuivre les opérations militaires, et, aux nations neutres, l'argent qu'elles ont dépensé pour là mobilisation de leurs troupes.
Toutes les personnes qui resteront après ces années de guerre mériteront de vivre des années de prospérité, dans une ère de paix relative, à l'abri
des lourds fardeaux de dettes qui existeront si le plan n'est mis à exécution. Ce plan procurera aux veuves et aux familles des soldats des années d'abondance pour les dédommager de leurs souffrances et de leurs anxiétés. Il leur fournira l'argent nécessaire pour élever leurs enfants, alors que la pauvreté serait leur lot, si le vieux monde devait végéter jusqu'au jour lointain où les générations à venir n'auraient plus à payer la dette mondiale causée par la guerre. L'auteur invite les peuples du monde à insister auprès de leurs gouvernements pour qu'ils adoptent ce plan, alin qu'ils profitent des avantages qui en résulteront, en dédommagement des grands préjudices subis. C'est le peuple, le vulgaire, qui constitue la masse de chaque armée. Ce sont ces millions d'hommes qui sont morts, ce sont ces millions de survivants qui ont le pouvoir de faire adopter ce plan, à la suite duquel les denrées alimentaires pourront être vendues à des prix norqfaux, la légèreté des impôts incitant les (Commerçants à renoncer à des profits excessifs. Par l'adoption de ce plan, le Travail n'aura donc pas à abandonner la plus grosse part de ses salaires pour
payer des prix exorbitants au profit de ceux qui doivent supporter le fardeau des impôts. Ceux qui ont volontairement souscrit aux emprunts d'Etat seront remboursés et pourront ainsi employer leur argent ^ns des entreprises industrielles et dans la réorganisation de leur pays.
Ce plan permettra aux diverses nations de revenir aux taux d'avant-guerre en matière de droits de succession. Les hommes n'auront pas à travailler toute leur vie pour édifier des fortunes qui au lieu de revenir à leurs enfants, reviendraient à l'Etat.
C'est à peine si l'on peut déjà comprendre le fardeau d'impôts qu'aura causé cette guerre, mais dans un an ou deux, il ne sera question que de savoir quels seront les impôts de l'année suivante et quelle méthode permettra de prendre davantage au peuple afin de satisfaire au fardeau de dettes qui l'accablera. Il n'y a qu'un moyen d'échapper à ce terrible fardeau, c'est l'adoption d'un plan universel comme celui-ci ; autrement les Etats seront forcés d'une manière ou de l'autre de priver les riches d'une grande partie * de leur richesse. Le sel, le sucre, le tabac, le café, le papier, etc., seront mono-
polisés par le gouvernement, et tous les bénéfices provenant de ces diverses sources seront consacrés à payer cette dette — cauchemar à moins de la laisser impayée, et que les nations débitrices répudient leurs dettes. Songez aux pertes de la nation française si, après la guerre, la Russie et la Turquie ne pouvaient payer leurs dettes nationales. Il existe aussi de grandes quantités de titres russes aux Etats- Unis, acceptés par les manufacturiers en paiement partiel de leurs fournitures. L'adoption de ce plan écartera la possibilité de la répudiation des dettes nationales, car toutes les unités du monde confédéré seront capables et désireuses de faire face à leurs obligations.
Dans chacun des chapitres de ce livre, Tauteur s'est efforcé de démontrer que ce Grand Plan constitue le seul moyen de faire succéder, à la situation périlleuse dans laquelle se trouve le monde, une situation nouvelle, lourde d'avantages inespérés.
Les prévisions de l'auteur sur l'état cahotique et l'obscurité dans lesquels le monde sera plongé après la guerre, ne dérivent pas d'une source astrologique ou occulte, mais sont basés sur des certitudes
mathématiques. Si nous savions qu'un malheureux infirme possède 10.000 francs de fortune et doit dépenser pour sa subsistance un louis par jour, nous n'aurions pas besoin de recourir à l'astrologie pour savoir qu'après un laps de 500 jours cet homme serait destiné à mourir de faim, à moins de faire appel à la charité publique. Cette prédiction serait une certitude mathématique. Si nous voyions un homme tenant une bougie allumée à ses deux bouts, nous n'aurions pas besoin de faire appel à Tastrologie pour deviner qull n'aura bientôt plus de bougie et qu'il se brûlera les doigts. Ce serait encore une certitude mathématique.
Il y a une limite à la richesse; il y a une limite à la résistance humaine, et il y a une limite à la productivité de la terre, en dehors de la nécessité de fertiliser le sol.
L'accroissement des prix, rendu fatal par suite des impôts croissants, amènera un grand malaise au sein des classes laborieuses. L'ouvrier aura l'impression que pour acheter un plein panier de vivres, il lui faudra apporter Àin plein panier d'argent. II sera amené à réclamer des salaires sans cesse plus
élevés, qui plus tard entraîneront une nouvelle augmentation des prix et accroîtront le malaise. Cette situation se vérifiera à la fois dans les nations belligérantes et chez les neutres.
Tout ce qui pourrait être fait a été fait. L'ingéniosité de rhomme a atteint son maximum, et des merveilles ont été accomplies. Le crédit a été tendu à l'extrême ; les dettes et obligations contractées se sont élevées à un tel chiffre que Theure du règlement sera un cauchemar.
Il existe cependant une source importante de richesse inutilisée, qui n a jamais été mentionnée jusqu'ici, et que le Grand Plan révèle. Si le monde se met d'accord pour assurer la paix et limiter les armées et les forces navales, il s'ensuivra une énorme économie qui pourra être capitalisée.
Il est parfaitement possible d'utiliser cette économie mondiale, comme Fonds d'Amortissement; l'on obtiendrait ainsi, aussitôt, autant de richesse que toutes les mines d'or et d'argent du monde pourraient en produire en l'espace de 250 ans ; et les peuples de la terre en tireraient le bénéfice, car une prospérité immédiate en découlerait.
Le Grand Plan est le moyen d'éteindre la conflagration qui prochainement éclatera dans chaque pays, par suite du frottement du Besoin sur le silex du Désespoir. Lisez-le attentivement. De prime abord, vous pouvez le juger irréalisable; dans ce cas, mettez ce livre de côté pendant deux mois, puia reprenez-le et rapprochez-le des conditions nouvelles auxquelles le monde fera face. Si vous n'êtes pas encore convaincu qu'il renferme la seule solution possible des difficultés existantes, laissez-le de côté pour deux ou trois mois encore ; puis de nouveau relisez-le, en comparant ses prévisions avec les conditions nouvelles.
On remarquera que certains chapitres de ce livre contiennent des répétitions, relatives à des sujets d'importance vitale, qui doivent être examinés sous tous les angles. Un coup de marteau ne suffit pas à enfoncer le clou. Des coups répétés produisent le résultat désiré.