POUR LES MUTILÉS
un problème qui doit préoccuper les nations. Ces braves gens ont besoin de toute Taide qu'il est possible de leur donner, et elle ne devra pas leur être donnée à contre-cœur.
Ces héros ne doivent pas être exposés à constater que bien peu de chose est fait pour eux. La question doit être : que faut-il faire pour eux? Cependant, si un fonds n'est pas constitué de la manière que Fauteur a indiquée, et qu'il estime seule suffisante, c'est-à-dire au moyen d'une émission d'Obligations Mondiales, les impôts qu'il faudra lever chaque année au profit de ces hommes et femmes seront si lourds qu'aucun pays ne sera capable de les supporter, en sorte qu'il sera également impossible de procurer le confort nécessaire à ces malheureux ou de dégrever les contribuables d'impôts excessifs. Mais, grâce à cette émission d'obligations, il y aura, dans le trésor de chaque nation, des millions qui pourront être employés à secourir les mutilés sans que les impôts doivent, pour pljisieurs années, peser plus lourdement sur les contribuables.
Ces victimes de la guerre ont droit au repos, ce
plan seul le leur assurera. Dans la plupart des nations, les deux tiers des mutilés pourront certainement reprendre leur ancien travail professionnel, soit comme ouvriers, soit comme petits commerçants, soit Comme instituteurs, etc.. mais la plus grande partie ne gagneront plus que des salaires réduits, par .suite de leur incapacité de travail, et c'est avec de tels revenus qu'ils devront végéter jusqu'à la fin de leur vie. Des usines et établissements industriels devront être créés, dans lesquels les hommes incapables d'accomplir leur ancien travail pourront apprendre des métiers pouvant être exercés à domicile, et de grandes organisations devront être entreprises pour assurer la vente des produits de leur travail. Des milliers de ces hommes possédant des maisons incomplètement payées, les perdront, leurs revenus étant insuffisants pour leur permettre de vivre comme avant la guerre. Il faudra prendre soin d'eux et procéder de manière à ce qu'ils sentent que ces soins leur viennent d un peuple reconnaissant et généreux, non d'une nation qui donnerait à contre-cœur et ne ferait que la moitié de son devoir envers ceux à qui elle doit la vie. Les insti-