CHAPITRE XXVI Les Fautes de l'Avenir
Le Grand Plan, s'il est adopté par les nations du monde, fournira le moyen de percevoir des indemnités de l'Allemagne et de TAutriche, sans cependant jeter dans Tesclavage ces deux nations. Il réduira les armements du monde et empêchera ceux-ci de tomber dans les mains de gens désireux de renverser les gouvernements existants. C'est jouer avec le feu que de permettre que de grandes réserves de munitions existent dans chaque nation. L'acception du Grand Plan les rend inutiles et la menace n'existe plus.
Quant aux avantages qu'on en peut tirer dans la perception des indemnités de l'Allemagne et de l'Autriche, quelques mots suffiront à les montrer.
LK OKAND PLAN
Sir Arthur Conan Doyle, dans ses « Conditions de Paix » de VEvening Standard du 15 octobre 1918, écrivait :
Indemnités .* Tout dommage causé à la Belgique et à la France doit être la première revendication. Il n'y a pas de doute qu'en toute justice l'Allemagne doive payer toutes les dépenses ; mais, si j'ai bien compris M. Stilwell, par le plan duquel nous faisons supporter une grande partie du coût à la postérité, je préférerais une solution qui ne créât pas une nation d'esclaves en Europe.
Les indemnités de rAllemagne et de TAutriche pourront être payées de la façon suivante :
Grâce à ce plan, TAllemagne recevrait en obligations la valeur de 150 milliards, à supposer que ce chiffre représentât pour elle le coût de la guerre. Elle recouvrerait immédiatement ses avances à la Turquie et à la Bulgarie, alors que, du train dont vont les choses, Bulgarie et Turquie s'acheminent vers la banqueroute. Si les Alliés contraignent rAllemagne à réparer les dommages causés à la Belgique et au Nord de la France, TAllemagne aura dans les mains assez d'obligations pour opérer ce règlement d'un seul coup. Supposons, par exemple, que l'indemnité s'élèvât à 37.500 millions; il resterait aux
LES FAUTES DE l/ AVENIR
mains de rAllemagne, 112.500 millions lui permettant d'émettre de la monnaie.
L'Allemagne, quand elle se croyait certaine de vaincre, n-e semblait jamais vouloir exiger plus de 50 milliards d'indemnités de la part des Alliés. Elle aurait donc, grâce à ce plan, 62,500 millions de plus qu'elle îi'en aurait escompté de la victoire, et dans la meilleure monnaie possible.
Cette méthode permettrait aussitôt d'avôir l'argent nécessaire pour restaurer la Belgique, le Nord de la France, la Serbie, etc.. Et cela éviterait la faute de vouloir exiger une somme si grande que l'Allemagne ne pourrait la payer.
Par suite de l'achat de tous les navires de guerre, tanks, aéroplanes, etc., pour le compte du monde entier, selon le Grand Plan, ce matériel de guerre serait démoli et vendu et l'argent versé au Fonds d'Amortissement pour racheter l'émission des Obligations Mondiales. La postérité ayant part à l'achat, ayant part aux bénéfices et aux avantages, il n'y a pas de raison qu'elle n'ait pas part aux frais.
Les grandes armées et les grandes marines seront inutiles; autrement, alors, nous nous serons battus
en vain. Si elles sont inutiles, nous pourrons nous en passer et Téconomie annuelle ainsi créée paiera le coût de la guerre en moins de cent années.
En permettant à la postérité de se joindre à nous dans Tachât de tous ces engins de guerre, nous pou^ vous anticiper et capitaliser cette économie et en avoir Targent dès maintenant; et en ay*ant cet argent dès maintenant nous pouvons entreprendre toute Fœuvre qui est devant nous. En même temps, nous empêcherons aux grandes réserves de matériel de guerre de tomber dans les mains de ceux qui ne désirent que troubler la Paix du Monde.
Tout franc dépensé actuellement par le monde en préparation de guerre est un clou enfoncé dans le cercueil de la prospérité.