‹ Le grand planChapitre 55 sur 56 · POUR PAYER LA GUERRE · texte numérisé non relu

POUR PAYER LA GUERRE

Un Plan f i n £in c i e r audacieux Par Sip Arthur Conan DOYLE

Pour beaucoup d'entre nous, le côté financier de la guerre est un cauchemar complet. Nous ne pouvons voir d'alternative entre une imposition continue qui pèserait à jamais sur nous et une levée obligatoiredu capital qui causerait une crise économique comme le monde n'en a jamais vu. Il est difficile de dire laquelle de ces deux méthodes est la plus fatale à la nation. Nous battîmes Napoléon, mais il laissa notre Dette nationale, comme un stylet corse, profondément enfoncé dans les organes vitaux de notre nation pendant plus d'un siècle. Il semble, aujourd'hui, qu'il faudrait que plusieurs siècles s'écoulassent avant que nos enenfants puissent voir leurs épaules fatiguées soulagées du fardeau de Guillaume II.

Et voici que s'avance un homme d'affaires améri-

cain, M. A.-E. Stilwell, un homme d'une grande expérience, qui fut à la tête d'un grand chemin de fer transatlantique, et qui vient nous exposer un projet par lequel tous nos ennuis peuvent disparaître. Gela vaut au moins Fétude la plus sérieuse, et en Tétudianf^ nous devrons prendre garde de ne nous laisser embarrasser par aucune difficulté ou objection, si minime quelle soit.. L'époque est venue des méthodes nouvelles, étant donné que la situation critique est nouvelle.

Les caractéristiques du projet

En quelques mots, ce projet est de tirer sur les ressources de l'avenir au lieu de tirer sur celles du passé pour trouver cet argent et de s'unir pour cela à toutes les nations concernées.

En détail, il se produirait ceci. Les nations intéressées, y compris les Puissances centrales, s'obligeraient solennellement à une paix de cent années et, aussi, à boycotter entièrement toute nation qui romprait le pacte. Ceci donnerait à la Grande-Bretagne seule une somme de 50.000.000 de livres par an en surplus du budget. Cette somme, en même temps que les autres sommes similaires des autres nations, serait versée dans un fonds central qui augmenterait d'années en années à un taux annuel qui ne serait pas inférieur à 250 millions de livres, ce qui, au bout d'un certain temps, représenterait une somme considérable. Cette somme pourrait être employée comme garantie, avant qu'elle soit reçue dans sa totalité.

l'opinion de la puesse

La présentation des Factures

Cette énorme garantie centrale servirait à l'émission d'obligations qui seraient émises par les nations en proportion de leurs dépenses causées par la guerre. Ainsi, lorsque les délégués se réuniraient, l'Angleterre réclamerait, par exemple, cinq milliards. Des obligations pour cette valeur nominale lui seraient données. Le délégué anglais donnerait alors ce milliard, ou tout autre chiffre, au délégué américain, mais recevrait des obligations de la France, de l'Italie, de la Russie ou tout autre pays nous devant de l'argent. Ainsi, en une seule séance, la liquidation de toutes les dettes peut être faite avec du papier.

Le délégué britannique emporterait alors dans son pays ses obligations et les déposerait à la Banque d'Angleteri-e. Des bons plus petits, de cinq, dix et mille livres, seraient émis sur la garantie de ces obligations et mis en circulation, toutes les nations concernées ayant consenti à les accepter à leur valeur nominale, comme une monnaie internationale. L'intérêt de la dette et la dette elle-même se trouveraient payés par ce papier, qui serait réellement de l'argent, tout comme nos billets actuels sont de l'argent, puisqu'il serait garanti par le crédit du monde entier et par une somme centrale qui fournirait toutes les garanties nécessaires.

La garantie contre Fagression

Ce f)lan ne veut pas dire que l' Allemagne échappera à sa rétribution financière. On pourra exiger d'elle une certaine partie de ses obligations lors de la liquidation. D'un autre côté, si elle èt ses alliés ont à verser une somme aussi forte tous les ans dans le Trésor International, ce sera une garantie contre toute agression qui retirerait immédiatement le bénéfice de cette richesse accumulée.

Tel est, dans ses grandes lignes, le plan qui me semble être l'alternative à un avenir effroyable pour la race hjumaine. Je prétends qu'il a droit à notre attention la plus grande et la plus sympathique. Sans doute, il y aura des objections, mais auront-elles plus de poids que celles qui s'appliqueront à toute autre méthode? On parlera d'inflation, mais tant que la garantie centrale sera suffisante, il n'y aura pas d'inflation, et la monnaie peut n'être émise qu'en proportion de l'augmentation de cette garantie. Il y aura aussi de graves objections politiques à l'immense réduction des armements, mais elles seront les mêmes pour toutes les nations et l'équilibre restera sans changement. Peut-être pourrait-on douter de l'efficacité de ce plan dans le cas où de grosses forces seraient nécessaires contre de barbares voisins, mais les inventions de guerre modernes, l'aéroplane et la mitrailleuse, donnent un nouvel avantage à la civilisati<)n contre les sauvages et de grosses forces ne sont donc plus néces-

l'opinion de la presse

saires. Il y a d'autres objections qui naîtront de la discuvssion, mais à toutes on devra d'abord répondre qu'il y a une urgente nécessité à faire quelque chose qm nous sauve d'une intolérable crise financière.

The Outlook (14 décembre 1918).

Le projet qui a attiré et, sans doute mérité, le plus d'attention, est celui de M. Arthur-E. Stilwell, et appelé « Le Grand Plan. »

Aberdeen Free Press.

Ce livre est un essai utile dans une partie où aucune idée nouvelle ne peut être repoussée à cause de sa nouveauté.

(Christian WorlcL L'idée est ingénieuse et semble pratique.

Kansas City Journal.

C'est une idée formidable et qui, si elle était mise à exécution, résoudrait le plus grand problème du monde. Le simple exposé des arguments qui pourraient militer en sa faveur demanderait autant de place que ceux qu'on pourrait, avec facilité, lui opposer. Que le

monde entier veille à ce que toutes les parties du monde restent en paix, c'est là une idée splendide. Beaucoup croient que le désarmement universel est la solution inévitable de toute la question de la guerre et que tant que les nations n'auront pas consenti à déposer leurs armes, la paix armée doit être le mot d'ordre général. D'autres penseurs ont suggéré des cours mondiales et une police mondiale, ntais il restait à M. Stilwell d'exposer en détail un plan systématique pour mettre à exécution un projet de paix universelle.

Financial Times, London.

... Vaut d*être lu; sur plusieurs points nous sommes complètement d'accord avec Fauteur.

Western Mo/rdng Netcs.

Pour payer la guerre

Le génie qui imaginera un plan pouvant faire se lever de la tombe du désespoir leS' finances mondiales apportera au monde un incalculable bienfait. Nous avons devant nous le Grand Plan, conçu dans cette intention, par M. A.-E. Stilwell.... M. Stilv^ell a le courage de ses opinions et, pour conclure, il émet d'audacieuses prétentions. En quelques mots, sa prétention est celle-ci : par l'adoption de ce plan, les

h OPINION DE LA PRESSE

nations « i^urroiit acquitter toutes leurs dettes entre elles en une heure et toutes les dettes mondiales en quinze mois. > Il demande, en outre, un retpur rapide au chiffi^ d'impôts d*avant-guerre et une assurance de paix illimitée, ainsi qu'une provision pour restaurer et reconstruire la dévastation causée par la guerre et faire d'une Ligue des Nations une possibilité politique. Si tout ceci est possible, le monde sera vraiment le débiteur éternel de M. Stilwell.

Nottingham Post.

Le livre de M. Stilwell, en tout cas, provoque la réflexion et la discussion.

Western Mail.

C'est une solution qui frappe l'imagination et nous remarquons qu'elle est recommandée par sir Arthur Conan Dojde.

Western Daily News.

C'est un bon présage de l'étude sérieuse apportée au grand problème que posent les pertes formidables dont le monde devra se relever, que le livre de M. Stilwell ait déjà atteint sa seconde édition.

The Nautilus.

Le Grand Plan appelle au bon sens quotidien. La beauté du plan, c'est qu'il ne résout pas seulement

le problème des dettes de guerre des nations, mais qu'il fait plus pour assurer la paix que tout autre plan.

The Ploughshare.

M. Stilwell fait du moins une suggestion qui mérite la considération attentive de toUs les peuples.

The Guardien.

Le projet est audacieux et son intention lui attirera la S3mipathie universelle, même de ceux qui pourraient avoir des doutes sur sa praticabilité.

The Daily News,

C'est certainement un projet audacieux et stimulant, et le livre de M. Stilwell donne naissance à un flot d'idées utiles.

iWELL

Comment payer la Guerre et assurer la Paix ws Vabondance

et la prospérité.

ILazàre WEILLER, député

Page 1