‹ Le grand schisme d'OccidentChapitre 102 sur 183 · Du BOLLAY, t. V, p · texte numérisé non relu

Du BOLLAY, t. V, p

ABANDON DES l'APES PAR I.FS CARDINAUX. : ::

delexcoinmimication et des autres peines canoniques' ; le 14 mai, il alla jusqu'à l'en frapper.

I.a cour et l'Université s'émurent de celte attitude : elles déclarèrent coupables de haute trahison Benoît et les propagateurs de ces pièces jugées séditieuses. Les maîtres de VAlina mater ne semblent pas même avoir eu l'idée de revenir vers Rome, de reconnaître et d'acclamer Grégoire pour faire échec à Benoît, ce qui aurait été pour le schisme un brusque et complet dénouement. Le 21 mai, devant la cour et le peuple, maître Courtecuisse, parlant au nom de rUniversité, porta contre le Pape avignonnais de nouvelles accusations d'hérésie et de schisme, aux applaudissements de tout le conseil royal. < A l'avenir, ajouta-t-il, on n'obéira plus à Benoît, on ne l'appellera plus ni pape, ni cardinal. Ses bulles sont fausses, iniques, de nulle valeur, préjudiciables à la France et injurieuses à la majesté royale. » La soustraction complète d'obédience fut de nouveau proclamée ; toute l'assemblée l'approuva. La violence allait continuer ce qu'avaient commencé l'iliogisme, la présomption et l'esprit schismalique. Les bulles du Pape furent apportées et lacérées publiquement à coups de canif par la main même du Recteur^.

Aussitôt les partisans de Benoît tremblèrent. Le doyen de Saint-Germain-l'Auxerrois, vieillard vénérable, fut appréhendé au corps par les gens du Roi, jeté en prison et accusé du crime de lèse-majesté^. L'évêque de Gap et l'abbé de Saint-Denis furent aussi arrêtés. Guy de Roye, archevêque de Reims, qui avait attaqué ouvertement la neutralité, refusa de s'expliquer devant l'assemblée de Paris et fut réduit à se

1. Chronic. Karoli VI 1. X\1X, c. 2et i. — DAchery, SpiciL, t. 1, p. 803.

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