Chronic. Karoli F/lib. XXXIII, c
LE CONCILE IL KuME. 2:7
Niem l'accuse d'avoir pratiqué sans scrupule dans ses
tendions la simonie et le trafic des indulgences'.
Nommé cardinal deSaint-Eustache et légat de Bologne,
; est certain qu'il déploya dans ce poste difficile Ihabi-
-té politique la plus remarquable. 11 était tout à la fois
administrateur et général, et il sut bientôt faire rentrer
tout le territoire sous l'obédience de l'Eglise.
D'après l'aveu de Thierry lui-même ^, le légat frappa les débauchés, les usuriers et les joueurs de très lourdes amendes. Peut-on croire qu'il serait tombé lui-mèrne dans tous ces vices, et qu'il aurait uni à l'habileté du cardinal Albornoz, les allures quelquefois brutales du cardinal Robert de Genève et le dévergondage qu'on a ' reproché parfois au cardinal Dubois?
Avouons-le toutefois, Jean XXIII semble avoir été inspiré par des sentiments plus politiques que religieux : on cherche en lui l'esprit de Dieu et on ne'rencontre que l'esprit du monde, uni à l'amour de l'argent et à une ambition peu scrupuleuse à laquelle ne répugne aucun moyen. Saint Antonin la bien jugé quand il a répété le mot de Léonard x\retin : « Vir in temporalihus magnus, in spiriiualibus nu II us ^. »
Était-ce le Pape qu'il fallait choisir pour présider ce concile futur qui devait promouvoir la grande réforme ? Son élection en de pareilles circonstances fut-elle une grâce ou un châtiment de la Providence ? Toujours estil qu'on put accuser Balthazar d'avoir désiré le suprême pontificat, d'avoir acheté la conscience et le vote de certains cardinaux, et même d'avoir hâté la mort de son prédécesseur, sans trop exciter l'étonnement e1
!. Von der Habdt, t. Il, p. 3iO.