Chronic. Karoli VI 1. XXXII, cap
.3. FiNKE, t. 1, p. 13-2.
•i. Les Capita agendorum se trouvent dans Von der Hakdt, f. I. col 50ij. U les aUribue au. cardinal Zabarella, mais Lenz, Steisiiaises et TscHACKEUT prouveDl qu'ils sont (Je d'Aill)- (Ul"). — Valols, t. IV, p. 200.
qu'on a pu soupçonner qu'ils venaient de la même inspiration.
Plusieurs délégués de l'Italie, de la Bohême, de la Hongrie et de l'Angleterre arrivèrent successivement, mais avec une grande lenteur et en petit nombre *.
Le Pape fut obligé de proroger plusieurs fois le concile qui ne commença guère qu'avec l'année 1413. Le seul décret important fut celui qui condamna les livres de l'iiérésiarque anglais Wiclef et qui défendit de les commenter en chaire devant le peuple-. C'était une improbation des pratiques et des doctrines que Jean Hus commençait à introduire en Bohême.
Le cardinal de Cambrai, qui était arrivé le l^"" décembre 1412, ne put faire discuter et admettre son remarquable projet de réforme du calendrier : on en renvoya l'admission définitive à la fin des troubles de rÉglise 3. Les ambassadeurs français n'eurent guère occasion d'être satisfoits du résultat de leur mission. Comme tous les Pères de ce concile, ils devinèrent bien vite d'ailleurs que Jean ne voulait pas aborder sérieusement les questions de réforme qui intéressaient si vivement l'Université avec toute TÉgiise. Sitôt que la discussion était placée sur ce terrain brûlant, l'habile Zabarella prenait immédiatement la parole et détournait la proposition \
l. Cf. MANM,t. XXVI[. col. 5W!.
i. FiNRE, p. 163.
3. cf. Vos DER Hardt, t. m, col. 70. — Nous Tavcns annlysé et discute dans notre ouvrage, Petrus de AUiaco, p. 192. Dans ce traité, d'Ailly fait louclier du doigt les erreurs du calendrier julien. Mallieureusemeni, son projet quelque peu modifié ne put être adopté qu'en 1S8-2. J,e cardinal de Cambrai est donc un des auteurs du calendrier grégorien.
4. MiRAToni, Rerum itaiic. Script., t. Ilf, p. Il, p. B'S. — Dichesne, Liber ponlific, t. H, p. o36.
2S4 LE GRAND SCIIISjIE.
Les délégués de France, ne voulant pas être dupes, demandèrent que rassemblée fût prorogée et transférée ailleurs. Le Souverain Pontife y consentit volontiers, et la remit au mois de décembre sans indication précise de lieu ^ Il avoua plus tard, dans la bulle de convocation du concile de Constance, que l'Église universelle n'avait pas été sufTisamment représentée dans l'assemblée de Rome.
Le Pape, d'ailleurs, devait être peu dispose, à convoquer de nouveau les évêques, car, avant comme après le concile, il avait entendu de la bouche du cardinal de Bari et de certains autres de dures vérités et de sévères reproches, que sa conduite méritait trop souvent. Le cardinal Orsini et le cardinal de Cambrai en furent témoins. Ces observations seront malheureusement inutiles : l'avenir le prouvera '^.
A peine les Pères avaient-ils quitté Rome que le roi de Naples déclarait la guerre ^ et entrait par la brèche dans la Ville éternelle (8 juin 1413;. Il la dévastait et y commettait des horreurs qu'on n'y avait point vues depuis les Vandales. Le Pape mis en fuite fut vigoureusement poursuivi '' ; Florence refusa d'ouvrir ses portes au fugitif et le secours ne vint de personne, malgré ses instances et ses ambassades. Le cardinal d'Ailly, envoyé comme légat en Allemagne, n'obtint point delà république de Venise la permission de faire passer sur son territoire les troupes de l'Empire qui devaient marcher au secours du Pape ''. En revan-