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CtiRiLD, L'Elat pontifical après le grand Schisme, p

5. Thierry de Niem ou André d'Escor.AR s'en sont principalement fait l'écho dans le livre intitulé Demodis uniendi, écrit en 1410. ~ Vox der IIardt, t. I,p. V, p. 68. — 0pp. Gersonii, t. Il, p. 161.

•2è6 LE GRAND SCHIS.ME.

de la chrétienté le préoccupait beaucoup plus que les intérêts particuliers de Jean XXII I.

Celui-ci, forcé par les circonstances à reprendre ridée d'un concile, voulait le tenir dans une ville qui serait sous sa domination, ou tout au moins neutre, et surtout indépendante de lEmpire. Il avait donné dans ce sens des instructions formelles à ses légats, les cardinaux de Chalant et Zabarella.

Mais au dernier moment, saisi par je ne sais quel esprit de vertige et d'erreur, il leur dit : « J'avais résolu de vous indiquer certaines villes et de vous empêcher d'en choisir d'autres : aujourd'hui j'ai changé davis, je m'en remets à votre prudence, et je vous donne par lettres pleins pouvoirs '. »

Les deux légats partirent pour Côme où se trouvait Siglamond. Celui-ci avait déjà fixé son choix sur la viîle impériale de Constance, dont ses familiers lui avaient fait remarquer les avantages. 11 parvint facilement à faire entrer dans ses vues les délégués du Pape.

D'ailleurs, ces prélats, comme la plupart de ceux qui étaient de l'entourage de Jean XXIII, n'avaient pour lui qu'une médiocre estime; ils étaient attachés à sa fortune plus qu'à sa personne, ils le supportaient sans 1 aimer, ils entretenaient parfois correspondance avec ses rivaux etils étaient prêts à tous les abandons. Pierre d'Ailly lui-même ne croyait pas à la bonne foi de Jean, qui avait cherché à se faire enlever par les troupes de LadislaiS pour ne fc.s assister au concile qui se préparait ^-

Au fond, les cardinaux, en général, désiraient se

', . Ces lelU'ea oat été imprimées récemment par Paiacky, Documenta iioj. J. Hus. p. 6ia. — Cf. Sliiuxaiu, Rer. italic. Script., t. XIX, p. 028. 2. ri>EE, p. 182 et 341.

LE COiXCJLE DE ïiOhlE. '.1-.:

débarrasser, par n'importe quel moyen, de ce pontife compromis et compromettant '. Quand Jean XXIIl apprit le choix fait par Sigismond et les légats , quand il vit ses propres desseins si ouveitement contrariés, il déplora amèrement son aveuglement. Il était trop tard : le chef de l'Empire pressait les événements, activait les négociations avecles roiscatiioliquesçt nouait des intelligences secrètes avec Grégoii^e XJI *.

Le 30 octobre 1413, il annonça à la chrétienté, que, par suite d'une entente avec le Pape, un concile général s'ouvrirait à Constance le 1*" novembre de l'année suivante. 11 y assisterait en personne et il y invitait les trois prétendants et les princes.

Le roi de France, sincèrement attaché à Jean XXIII, se montra très froid dans sa réponse à Sigismond ^. Il comprenait vaguement sans doute que le roi des Romains s'emparait d'un rôle que lui-même avait rempli jadis. Charles YI se borna d'abord à déclarer qu'il n'empêcherait personne de se rendre à Constance ; plus tard, il changead'avis et se résigna à s'y faire représenter.

Le nouveau roi d'Aragon, Ferdinand, répondit au contraire avec énergie, et contesta vivement la supériorité que le roi des Romains s'attribuait sur lui ''.

Le Pape, à qui Sigismond avait forcé la main, voulut en vain essayer quelque résistance. Vaincu par l'obstination du roi des Romains, intimidé par ses objur-

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