FrXKE, p
•2. lOid., p. 239 et suiv. — I-éonard Aretim, cl*a8 McRAioar, t. XIX, l.'J-28. — Maxdonnet, Hisl. Jarhbuch, 1900, p. 388.
3. Cf. Vos DER Harbt, t. VI, p. 5. — AscnBACH, Geseh. K. Sigismund's. t. I, â7o. — Chroaic. Karoh VI, lib. XXXIV, c. i2. — Lesi*ast. Histoire du concile de Pise, t. II, p. 191.
4. Ces pièces ont été publiées pour la première fois par DoEtAjMCFR en 1863, Geschichte des 15 und 16 Jahrhunderts, t, II, 8, 367-374. — Cf.
USXLLK^ t. X, p. 3^.
gâtions et ses reproches, il se résigna enfin à lancer de Lodi la bulle de convocation au concile (9 décembre 1413).
Cette résolution peu spontanée ne fut pas sans regrets. Quand la République fut proclamée à Rome, après la mort honteuse de Ladislas, le pontife voulait retourner dans sa capitale pour y rétablir son autorité, disait-il. 11 espérait peut-être échapper par ce moyen au concile qu'il redoutait et à la cession qu'il entrevoyait.
Les cardinaux s'opposèrent à ce voyage : ils parvinrent à lui faire espérer que l'assemblée de Constance ne durerait pas longtemps, qu'elle le confirmerait dans ses pouvoirs, et qu'il pourrait ensuite rentrer dans la Ville éternelle avec une autorité plus grande que jamais.
Toujours méfiant parce qu'il se savait légitimement soupçonné, Jean exigea des bourgeois de Constance des garanties nombreuses et solides pour la protection de sa personne. Comme les citoyens de la ville lui opposaient quelques difficultés, le Pape envoya Jean de Brogny, cardinal dOstie, pour les aplanir et pour y préparer son entrée solennelle.
Enfin, le l" octobre 1414, Jean partit de Bologne pour Constance Ml traversa le Tyrol et y rencontra Frédéric V, duc d'Autriche. Il se lia dès l'abord avec lui d'une amitié intéressée; il ne lui cacha pas ses craintes et ils conclurent ensemble une sorte de ligue défensive. Le Pape ne se sentait pas sans reproche, il n'était point sans peur, et il ne croyait pas devoir négliger une seule précaution pour assurer sa liberté au sein du concile. Ces appréhensions, dit-on, étaient
1. Sur le vo>age de Jean XXElI, voir G. Sciimid, Itinerarium Johann XXIII zum Concil von Konslanz UU, daus Ehses, FetUchrift lum 1100 jahrigen Jubildum des deutschen Campo Santo in Rom (1807), p. 190 et suiv.
partagées par son entourage. Son bouffon, faisant allusion à certain jeu de hasard et à la ville de Trente près de laquelle il se trouvait, lui dit un jour : « Père saint, qui passe Trente, perd *. »
Nous avons vu à Constance même l'antique manuscrit du chanoine Ulrich de Richenthal sur le concile qui allait commencer. Ce volume est orné de dessins naïfs et assez grossiers. Dans l'un d'eux, le vieux chroniqueur représente Jean XXIII tombant de voiture dans les montagnes du Tyrol et s'écriant : Jaceo hic in nornine diaboli^. Une autre page le montre arrivant sur les bords du lac de Constance, découvrant la ville et disant : « C'est ici le piège où l'on prend les renards ^ ! »
Son audace ancienne avait fait place à je ne sais quel fatalisme qui paralysait chez lui toute pensée et toute force de résistance. Un jour, Barthélémy Valori lui disait de se mettre en garde contre les périls qu'il pourrait courir en assistant à un synode tenu dans une ville étrangère, a Je sais que le concile de Constance ne sera pas pour moi, répondit le Pape ; mais que puisje y faire, si ma destinée m'y mène ^ ? »
Pendant que tous ces événements se déroulent dans la haute Italie et l'Allemagne du sud, le pape légitime Grégoire XII porte un peu partout, au hasard des
1. Lesfant, Histoire du concile de Constance, t. 1, 1. I, p. 19.
ï. Une gravure semblable se trouve aussi dans le livre curieux qui porte le nom d'Heiorich Steyner et qui fut imprimé à Augsbourg en 1336. L'original d'Ulrich est conservé au musée Rosgarten à Constance, ainsi qu'un exemplaire de Steyner. Sur Richenttial, cf. Harhor, Das Konzil zu Konstanz. (Constance, 1898.)
3. Cf. Richenthal, p. t4. — Tritheiuds, Chronicum Birsaugiense, t. Il, p. 336.
4. Vita di B. Valori, dan l'Arch. stor, ital., t. IV, !•" p., p. 262. — Cf. Pastor, Histoire des Papes, 1. 1, p. î03.
LE CRAND SCHISUE. 17
luttes politiques et religieuses, son errante souveraineté. Jamais peut-être le bon droit n'a été plus méconnu, la puissance spirituelle plus contestée, le pouvoir temporel plus méprisé.
Poursuivi par ses nombreux ennemis, le pontife passé de Gaëte en Dalmatie, de la Dalmatie à Césène et de Césène à Rimini où règne le fidèle Malatesta. 11 vient de refuser la pension de 50,000 florins que lui avait offerte Jean XXIII s'il voulait se désister; il décline les invitations au futur concile que lui adresse le roi des Romains, mais consent pourtant à s'y faire représenter. Entouré de quelques cardinaux sûrs et prudents comme Condulmaro^ et Dominici', convaincu que le concile ne sera légitime et ne deviendra œcuménique que par sa participation, il se résigne à attendre les événements, et à reparaître au momenti le plus favorable pour rendre la paix à l'Eglise.
i. Ce cardinal était Vénitien de naissance et aLbc commendataire de Saint-Georges le majeur. En 143i, il devint pape sous le nom d'Eugène iv.
2. Jeaa Domlnici était né à Florence de parents d'humble condition. U entra tout jeune dans l'ordre de Saint-Dominique; Il fut nommé par Grégoire xn archevêque de Raguse, et bientôt après cardinal (mai 1408). Aussi éloquent que pieux, et aussi savant que zélé, il joua un très grand rôle dans les événements qui vont suivre. Son rôle a été très discuté. Tandis qu'il est très sévèrement apprécié par Sacer- LANB {Card. Joh. Dominici und sein Verhalten zu den kirchlichen Unionbcstresbungen, 1406-1445), il est favorablement jugé par Roeslek (Ktirdinal Johannes Dominici'. — La Lucula noctis. ouvrage de Jean Dominici, a été éditée par Rémi Coilon 0. P. (Beatilohannis Dominici, cardinalit S. SixH, Lunila Noctis, Paris* l»08).