‹ Le grand schisme d'OccidentChapitre 150 sur 183 · Valois, t. IV, p. 348 et suiv · texte numérisé non relu

Valois, t. IV, p. 348 et suiv

temps et de si bonne foi attaché à ce pontife, proclama lui-même à Perpignan, bien qu'à contre-cœur, la soustraction d'obédience, et lut en chaire la déclaration habile et ferme du roi d'Aragon '.

A plusieurs reprises, le concile déclara le Pape d'Avignon rebelle et contumace, puis dans la trenteseptième session, il proclama sa déchéance irrévocable, comme hérétique et schismatique incorrigible et notoire (26 juillet 1417) 2.

L'opiniâtre Pierre de Lune demeura six ans encore près de la mer, sur le rocher nu et imprenable de Péniscola. Ce stylite d'un nouveau genre n'avait plus dans son obédience que quelques serviteurs et quelques soldats; mais ses malheurs n'avaient point abattu sa fierté. Presque centenaire, il répondait encore, en frappant sur son trône, aux ambassadeurs venus de Constance : « Toute l'humanité était dans l'arche avec Xoé : toute lEglise est avec moi sur le roc de Péniscola 3. » Il conserva au concile et à Ferdinand une implacable rancune : chaqùejour il faisait prononcer contre le roi alors agonisant une sentence d'excommunication. Benoît mourut le 23 mai 1423 •*, mais il fit jurer aux trois cardinaux qui l'entouraient de lui donner un successeur. Ce fantôme succédant à un fantôme fut un chanoine appelé GilMunoz; il prit le nom de Clément Vlll (10 juin 1423). Encore cette élection si prc-

1. p. Faces, Histoire de taint Vincent Ferrier, t. Il, pp. 118 et lil. — f ROMMF., pp. 12 et 13.

2. Vos DER HvRDT, l. IV, pp. 1128, 1314, 1134 et 1371. — Hefkle (Trad. i.eclercq), p. 32, t. VII, 1'= partie, p. 439.

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