Hefele, p. 428. — Massi, t. XXVIII, col
». Cf. EiiRLE, Nachlràgezur Geschichte der dreiâllesten pdpsllichen liibliolheken, dans Seppelt, Kirchengeschichlliche Fesigabe Anton de Waal zum goldenen Priesterjubilàum (Fribourg, 19l3j.
caire fut-elle contestée par un quatrième cardinal, nommé Jean Carrier, alors assiég-é dans le château de Tourène en Rouergue, un autre Péniscola. Ce cardinal, qui se considérait comme constituant à lui seul tout le Sacré-Collège, élut secrètement un nommé Bernard Garnier, sacriste de Rodez, qui se fit appeler Benoît XIV ^
Ce nouveau Benoit fut excommunié par Martin V, ainsi que son protecteur le comte d'Armagnac. Ce dernier s'adressa un jour à Jeanne d'Arc pour savoir quel était le vrai pape et n'en reçut qu'une réponse éva&ive"^.
Sur ces entrefaites, le Pape de Péniscola, Clément YIII s'était reconcilié avec Martin V en 1429. Bernard Garnier, le faux Benoît XIV, mourut après avoir gagné quelques partisans dans le Midi. Jean Carrier prit alors sa place et son nom, refusa de se rétracter et finit ses jours dans une prison du château de Foix en 1433. Ces pontifes de Péniscola et d'ailleurs n eurent pas même ce qu'avait obtenu Balithazar Cassa, l'aumône de la pitié. Ainsi s'éteignit dans la rébellion ouverte, l'impuissance, le ridicule et la hoate, le grand schisme d'Occident.
La Providence a établi une gradation singulière entre les trois pontifes qui se disputaient alors la tiare.
Grégoire XII, le vrai pape malgré la destitution prononcée à Pise, descend du trône pontifical avec une tranquille majesté et résigne ses fonctions avec dignité au sein du concile- Jean XXIIl, successeur d'Alexandre V l'élu de Pise, est condamné et déposé par l'assemblée de Constance,
1. Valois, pp. 438 et 475. — Martène et Durasd, The&omrus, t. M, coll. 1738 et suiv. — Pastou, 1. 1, p. 282.
2. j. QcicHERAT, Procès de Jeanne d'Arc, 1. 1, pp. 243 el suiv.
et s'honore tout au moins par sa résignation et son repentir.
Benoît XIII, issu du schisme et perpétuant sciemment cette division funeste, reste opiniâtre jusqu'à la mort et garde dans l'histoire le stigmate d'antipape. Après avoir tenu tête à cinq pontifes, tous plus légitimes que lui, à deux conciles, à deux empereurs et à dix autres souverains, il meurt excommunié et excommuniant.
Ces événements, amenés par la main de Dieu, ont fait table rase; tous les rivaux ont disparu et l'on peut procéder sans plus aucun obstacle à une élection nouvelle qui rendra la paix au monde chrétien.