‹ Le grand schisme d'OccidentChapitre 18 sur 183 · NiEH, De scismate, 1. 1, 4. — Pastok, t. l, p · texte numérisé non relu

NiEH, De scismate, 1. 1, 4. — Pastok, t. l, p

trouver pour lui remettre une certaine somme qu'il devait au trésor; le nouvel élu lui jette l'apostrophe de saint Pierre à Simon le Magicien : « Sois maudit, toi et ton argent! * ». Toujours courroucé, menaçant et rude, il exige impérieusement que les princes de l'Eglise réforment leur maison et leur table, qu'ils réparent à leurs frais les sanctuaires dont ils portent les titres, qu'ils renoncent aux cadeaux et aux pensions que leur servaient bénévolement les souverains. Il leur adresse en public les plus dures invectives. Le prélat qui l'a couronné, Orsini, est traité de fou, et Robert de Genève, le futur Clément VII, s'entend infliger l'épithète de ribaud. Les princes et les seigneurs sont gourmandes parfois avec une âpreté voisine de l'insulte. Sans doute, tous les projets de réforme qu'il méditait étaient louables en eux-mêmes, ils étaient tels qu'on pouvait les attendre d'un pontife qui avait été élu à cause de plusieurs belles qualités ; mais il ne semble pas que la prudence ait toujours inspiré et la délicatesse de formes toujours accompagné les procédés d'Urbain VI K

L'opposition naquit, puis grandit à Rome : elle eut bientôt un siège, un chef et des soldats. Le château Saint-Ange n'avait point ouvert ses portes à Urbain, malgré les ordres formels des cardinaux d'Avignon. Au moment même de l'élection, Pierre de Gros, frère du cardinal de Limoges, s'y était retiré avec le trésor pontifical, et il y faisait au nouveau Pape une guerre sourde, mais acharnée. Gette forteresse devint bientôt un centre hostile où l'on réunit les cardinaux

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