‹ Le grand schisme d'OccidentChapitre 19 sur 183 · Sai.nt Astonis, Summa hislor., lib. III, lit · texte numérisé non relu

Sai.nt Astonis, Summa hislor., lib. III, lit

2. Cf. Pastqr, t. I, p. 140. — Hefelf, Histoire des Conciles (Trad. Lf.clercq), t. VI, 2« partie, p. 1065 et suiv.

mécontents ou tièdes, où l'on exposa tous les doutes, où l'on grossit tous les griefs, où l'on toment%. toutes les révoltes. Les dissidents trouvèrent vite an chef : c'était le cardinal français Jean de la Grange, évêque d'Amiens. Ce prélat n'était pas à Rome quand Grégoire mourut et qu'Urbain fut choisi. Il entoura néanmoins de tous les témoignages extérieurs de respect le nouveau Pape ; mais des doutes lui survinrent bientôt, paraît-il. Il faut sans doute en chercher également la cause dans la violence des procédés d Urbain, qui. « toujours fumeux et mérancolieux * , » eut avec Jean de la Grange plus d'une altercation et l'accabla d'amers reproches.

Et cela fut de grave conséquence. Le cardinal était le familier de Charles V; le roi avait eu plus d'une fois recours à ses incontestables talents de diplomate et de financier, et il l'avait comblé d'honneurs et de richesses. D'autre part, comme tous les prélats français, Jean de la Grange désirait le retour à Avignon. tandis qu'Urbain était d'un avis tout opposé. Enfin on savait à Rome, et le Pape ne le cachait guère, que celui-ci voulait créer un bon nombre de cardinaux italiens en vue de contrebalancer l'influence française.

Toutes (les circonstances désignaient Jean de la Grange pour être le chef de l'opposition. De concert avec Robert de Genève, il encouragea à la résistance le commandant du château Saint- Ange et s'aboucha avec les chefs des routiers. Bientôt le complot s'organisa, l'abandon fut aussi unanime que l'avait été l'adhésion.

Dès le mois de mai, les chaleurs commencèrent à se faire sentir; les cardinaux dissident'^ f) ofitèrent de cette raison ou de ce prétexte pour s'éloigner et se

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