Sermo coram Anglicis, t. II, col. i
6. Le Songe du vieil pèlerin, Bibl. Nat. nis. fr. 2254-2, f. 276.
7. Dans son Dialogus, composé en 1.101, Bihl. Nat. ms. lat. 14 tî.
8. Pièce devers retrouvée par \'m.i.\<, t. i, p. 383 dans un ins. de .a bibl. de Rouen, n* 1*'>7.
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glise que celle du synode général, à cette époque où le pape paraissait douteux à un grand nombre.
Cependant, dès 1380, les adversaires du concile s'exprimaient ainsi par la bouche de saint Vincent Ferrier : « La cause d'Urbain, dit-il, a été jugée en dénier ressort et avec autorité souveraine par les cardinaux de Fondi, pourquoi révoquer en doute la validité de l'élection de Clément "Vil? A quoi bon la décision d'un concile œcuménique? Les guerres qui désolent l'Europe en ce moment ne donneraient aucune sécurité à ceux qui devraient en faire partie. D'ailleurs, la multitude immense des prélats italiens y écraserait infailliblement la minorité infime des pères venus des antres nations * . »
D'autres ajoutaient : « Aucun schisme OB' s'est encore terminé de cette manière. Qui convoquerait cette assemblée universelle? Les deux papes rivaux? Ils n'y consentiront jamais. L'un des deux? L'obédience ée l'autre ne l'écouteraitpas. Les cardinaux? L'Empereur? Ils n'ont point qualité pour le faire.
« D'ailleurs, viendrait-on en nombre suiïisant à cette réunion? Si non, quelle serait l'autorité de cette minorité de prélats? Qui la lui donnerait? Qui la présiderait? Qui accepterait ses décisions? Un remède si difficile à appliquer n'est-il point pire que le mal ^ ? «
Si nous reproduisons toutes ces objections dans le détail, c'est que nous les entendrons répéter partons les échos du monde chrétien jusqu'à la réunion du concile
1. Be modemo Evclesim sciemafe, 2» pars^ c. IV, 2» obj. Bibl. Kat. vas. lat. 1470. On verra plus tard (ch.xv du présent ouvrage), p. 301, le moyen qu'on employa à Constance pour neutraliser riwfluence de ces nombreux prélats, e/nscnpelii italiani.
2. La lettxe de ruiiiveraité au coi, en 1394, réfute quelques^imes de ces obj€Ction8. Ckromc. Karoli VI lib. X.V, c. ni, t. H, p. tSS. — Cf. p. 231, décision prise par l'assemblée de Paris, de: ia mêrae aanée.
LES MOYENS DE PACIFICATION. I3y
de Constance. Même après les décisions finales du concile, ces prétextes serviront encore à contester la valeur des décrets de cette assemblée.
S 2. — Intervention inutile de l'Université.
Ce troisième moyen, qui finit par prévaloir, fut aussi proposé le premier en date.
Immédiatement après la mort de Charles V, l'Université discuta ce projet de concile et les quatre Facultés tombèrent d'accord pour en reconnaître l'utilité ' . Pierre d'Ailly fut chargé de sonder officiellement les dispositions de la cour; mais les princes du sang, tuteurs de Charles VI, et surtout le duc d'Anjou, firent échouer ce dessein-. De 1380 à 1394, c'est-à-dire durant l'espace de quatorze ans, ce fut le grand moyen préconisé par la France, par l'Université de Paris et par ses élèves dispersés en tout lieu.
Mais, à partir de cette date, une nouvelle orientation semble s'imposer aux esprits, et la i>oie de cession paraît un moment l'emporter sur le projet de concile.
Sans doute, les très vise, comme disaient les suppôts des Facultés, sont encore maintenues et présentées ensemble, mais c'est la renonciation absolue des deux candidats qui réunit le plus de préférences. Sans doute aussi, quand tous les membres de l'Université sont appelés au scrutin, en janvier 1394. et qu'ils déposent dans l'urne dix mille bulletins, les trois expédients pro-
1. F. Bliemet/mii tiEi.. Das Generalkonzil im grossen abcndlândischen Schisma, p. 83.
2. Voici ce qu'ecri\-ait d'Aiily. en 14H : « Taceo qualîter a principio schismaiis materiam concilii generalis in coiicilio y la^uciis: pri mus e\ parte liniversitatiï proponere diu instanter prosequi non tiniui. » Ajxilogia Concilii Pisani, apud Tschackert. Peter ron Ailli, Appendix xn* p. 37.
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posés réunissent chacun un bon nombre de suffrages, mais la voie de cession a la majorité. Chose remarquable, les maîtres en sont venus à considérer les deux pontifes comme également responsables du schisme, comme tous deux intrus, et à vouloir exiger, non plus seulement la démission de Boniface, mais encore celle de Clément. C'est un .premier abandon du Pape d'Avignon et une manière nouvelle d'envisager la solution ^ .
La même façon de voir est proclamée par l'Université dans une autre grave circonstance. Elle voulut porter ses plaintes jusqu'aux pieds du trône ; et elle chargea trois de ses meilleurs maîtres d'exposer à Charles le moyen qui lui semblait le meilleur,' Pierre d'Ailly, Gilles des Champs, Clémangis et d'autres composèrent donc une lettre collective qui est restée célèbre. Les docteurs y mirent leurs idées, Clémangis y ajouta la forme cicéronienne ^. Le 30 juin 1394, les universitaires furent admis dans la chambre du roi; Guillaume Barraut, prieur de Saint-Denis, se fit Torgane de leurs do-
1. Voici les vers que composa à cette époque Henri de Langenstein dans son Carmen pro pace, à propos de la cession qu'il préconise, après avoir soutenu la voie du concile :
Qui prlus hoc faceret Chrigto gratissimus esset, Piomptua ad hoc placitum sit quilibet ergo duorum Sed quia cedendo jus unns non daret altri, Ambo désistant electi...
Cf. Denifle, l. ni, p. 598. La date de celte pièce est le 8 juin 1393. — .lARUv, La « voie de fait » et l'alliance franco-milanaise, Bibl. de l'École des Chartes, 189-2, p. 523.
2. « TuUiana facuridia singulariter pollens, eara coloribus rlietoric s exornandam suscepit. » Chronic. Karoli VI lib. XV, c. ii. .Tean de Mon treuil l'appelle « vas eloquentiœ ». La lettre datée du 6 juiu 1394 est imprimée dans Denifle, ni, p. 017. Cf. F. Bliemetzriedf.r, Das Général, konzil im grossen abendUindischen Schisma, p. 123.