‹ Le grand schisme d'OccidentChapitre 52 sur 183 · LES MOYENS DE PACIFICATION · texte numérisé non relu

LES MOYENS DE PACIFICATION

léances devant une nombreuse assemblée et exposa les idées développées dans leur adresse écrite.

La double cession était préconisée par eux comme le moyen préférable. Les cardinaux des deux obédiences devaient ensuite se réunir et choisir un pape qui serait universellement reconnu. La lettre menaçait des plus terribles châtiments et du supplice de Dathan et d'Abiron celui des deux papes qui refuserait sa démission'. On le voit, les pontifes rivaux sont mis derechef sur le même pied. Est-ce cette façon péremptoire de les juger, sont-ce les menaces quelque peu aigres de la délégation qui mécontentèrent le roi? On ne sait, mais ce qu'on n'ignore pas, c'est que Charles VI, poussé par l'astucieux Pierre de Lune et par le duc de Berry, intima à l'Université l'ordre formel de ne plus s'occuper du schisme.

La démarche des maîtres de Paris avait fait grand bruit; son insuccès en fit plus encore. La lettre au roi avait été divulguée partout : elle fit naître des réponses acerbes de la part des avignonnais.

Un d'entre eux, un dominicain, prend l'adresse à partie et l'appelle « diffamatoire, blasphématoire, séditieuse. La théologie, la philosophie, la rhétorique sont absentes de cette pièce. C'est l'œuvre de jeunes gens sans expérience et sans esprit pratique : ils méritent d'être arrêtés et punis- ».

On conçoit le vif dépit qu'éprouvèrent les universitaires en se voyant repoussés par la cour et critiqués amèrement par leurs adversaires. Ce n'était pas la

1. Cf. DeniflE, t. III, p. 617. — Du BOILAY, t. IV, p. 687. — DAchérv, Spicil., I, 776. — Raynald, a. 1394, n. 3. —Cf. F. Bi.iemetzrikder, op. cit.' p. HT-130.

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