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ment : « Tout ce qui se fait contre Benoît se fait au nom du roi et des ducs. La famille royale, si noble et si ancienne, en est rendue ainsi responsable devant l'histoire. Pour l'amour de Dieu, au nom de la piété, de l'humanité, de la religion, prenez garde. Si vous arrivez à préserver le Pape d'une mort cruelle et ignominieuse, vous gagnerez une gloire immortelle. »
Le confident de Benoît énumère, depuis le commencement du siège d'Avignon, les meurtres sacrilèges qui ont accompagné l'invasion, les déprédations, les violences, les menaces adressées aux habitants au nom du roi, les injures vomies contre le Pontife lui-même. Puis il raconte longuement toutes les circonstances de l'investissement de la place; il donne aussi des détails intéressants sur l'assemblée du clergé qui décréta la soustraction d'obédience.
« Si Benoît meurt, ajoute-t-il, ou si on le force à la cession, la situation de l'Eglise sera aussi mauvaise que sous Célestin V, Boniface YIII ou Jean XXII. Que le duc d'Orléans veuille bien accepter la mission de garder le Pape. Surtout qu'on ne confie pas cette surA^eillance aux membres dissidents du Sacré-Collège. »
L'auteur inconnu de ce document fait ensuite un portrait peu flatté du cardinal d'Amiens et principalement du cardinal de Thury qu'il représente comme avare, jaloux, intrigant et surtout comme très désireux de s'asseoir sur le trône pontifical. C'est lui qui a falsifié des messages du pape destinés au roi, c'est lui qui a envoyé de Paris à Avignon des lettres fausses au nom du conseil royal. « Benoît est meilleur qu'eux, ajoutet-il ; il n'est point tombé dans le népotisme de son prédécesseur. Si on l'incarcère ou si on le met à mort, que le royaume de France prenne garde M II a dû se re-