Ibid
3. Martèxe et DunAND, Thésaurus, t. II, col. 126?. — Kurlf, Arclav, t. V, p. t49 et Buiv. — Valois t. III, p. 331.
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ror les ruines qu'ils avaient faites dans le château où il s'était si énergiquement défendu.
S 2. — La question de l'obédience.
A Paris, Iheureux succès de Benoît produisit les mêmes résultats de pacification. Le roi et les ducs n'étaient pas fâchés au fond de cette solution donnée à une situation qui les embarrassait plus qu'ils ne voulaient l'avouer. Le Pape d'Avignon envoya à la cour deux cardinaux qui ne lui avaient pas toujours été aussi favorables : nous connaissons Guy de Malesset et le cardinal de Saluces. Admis à l'audience royale, le 25 mai, le premier prit la parole et attaqua avec autant d'éloquence que de vigueur la soustraction d'obédience : « Tant quelle durera, ajouta-t-il, vous ne pourrez rien faire pour l'union. Bien que cette mesure ait été prise pour faire fléchir l'obstination coupable de Benoît, elle a été trop légèrement décidée. J'en demande la modification, sinon l'annulation. »
Ces paroles étaient graves, elles réclamaient une orientation nouvelle de la politique religieuse de la France; elles allaient l'obtenir, mais non sans délai. Le roi répliqua au cardinal qu'il avait convoqué à ce sujet tous les évêques du royaume et qu'eux-mêmes donneraient la réponse. Guy de Malesset n'aurait pu parler aussi ouvertement s'il n'avait été sûr que l'opinion publique était préparée à ce revirement et à celte sorte de coup d'Etat.
Gerson, en effet, s'était réjoui de la délivrance de Benoît ; dans une phrase originale, il le comparera plus tard à Jonas sortant de la baleine', L'évêque de Cam-
^. Opp. Gersonii, t. JI, col. 47.
198 LE GEAN» SCHISME.
brai Pierre d'Ailly, dont noua retrouvons le nom dans toutes iés péripéties de ce grand drame, venait de publier un ouvrage fort remarqué sur la crise religieuse du royaume. Cet écrit est intitulé : De materia concilii generalis. L'auteur divise son sujet en trois points. Le premier traite de la matière et de la forme du concile qui doit terminer le schisme. Le second pose et résout cette question : Doit-on rendre à Benoît l'obédience avant de réunir ce synode ? Enfin, le troisième s'occupe des réformes nécessaires dans l'Église \
D'après les idées de Pierre d'Ailly, ce concile de l'obédience de Benoît doit s'abstenir de traiter des matières de foi ou des questions de réforme. Les accusations de parjure, d'hérésie ou de schisme portées contre le Pape d'Avignon ne seront pas davantage proposées au synode. Cette assemblée ne cherchera point de nouveaux moyens d'accommodement, les trois voies précédemment indiquées suffisent ; elle ne s'occupera que d'assurer la liberté dans les délibérations et d? maintenir la paix entre la tête et les membres.
Point de formes nouvelles, mais l'application du droit commun et des antiques prescriptions de l'Église.
t. Ce traité a été jugé si important par Baluze qu'il la fait recopier en 1G87, d'après le nis. Sîîu Colberi, Il en existe trois exemplaires à la Bibl. Nationale (1180, 1371 et 3124). Cet ouvrage est au molni aussi remarquable que le traité plus général de Durand de Mende, qui porte le même titre. U se divise en trois chapitres : La première partie est eaapruntéeà Gcrson et a été imprimée par Ellies-Dupin parmi les œuvres du chancelier (t. Il, col. 24) sous ce titre : De Concilio gênerait unius obedientiae. L'ordre des idées n'est pas le même, mais le fond eslpresqu-^ identique. La seconde partie est restée entièrement inédite. Quant à la troisième, Pierre d'Ailly l'a reproduite, en la modifiant légèrement, treize ans plus tard, et l'a présentée au concile de Constance. C'est le fameux traité, dont les Protestants ont si souvent abusé, qui est inti tulé : Tractatus super reformatiorie Ecclesix in Concilio Constanliensi. Cf. Pelrus de AUiaco, praef. XXXil, et p. 120. Nous aurons occasior. d'en parler de nouveau plus loin, aux chapitres xv et xvin.
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Point d'intervention du pouvoir civil, si souvent disposé à usurper.
L'évêque aborde ensuite le sujet plus immédiatement pratique : Faut-il restituer l'obédience à Benoît avant la réunion du Concile? Il expose avec une certaine prolixité les trois opinions qui avaient cours en ce moment. La première demandait purement et simplement la restitution immédiate de l'obédience. Bien que d'Ailly ne le dise point, c'était la pensée de Gerson et du duc d'Orléans. L'évêque appuie cette manière de voir sur un bon nombre de textes du droit canon.
La seconde absolument contradictoire niait la nécessité et même la convenance de cette restitution, et s'appuyait sur les accusations portées contre Benoît par les trois cardinaux envoyés à Paris en 1399 de la part du Sacré Collège ^ Nous connaissons tous ces crimes dont on s'efforçait de charger le pontife d'Avignon. Les ducs de Berry et de Bourgogne, une partie des docteurs de l'Université et le patriarche Simon de Cramaud étaient d'avis de maintenir le statu quo.
Enfin la troisième opinion, qui triomphera au concile de 1406 tenait le juste milieu entre les partis extrêmes et établissait des distinctions. Elle disait : Il y a des droits, des prééminences, des honneurs qui sont dus de droit divin au Pape, parce qu'il est le chef de l'Église universelle. D'autres sont accidentels et parfois usurpés au préjudice des prélats et des églises inférieures ; tels sont les collations d'évêchés, les réserves pour les bénéfices ecclésiastiques et d'autres privilèges récents et abusifs qu'on appelle les droits de la Chambre apostolique et que saint Pierre et ses verres successeurs n'ont point connus. Que les premiers