MiRATOUi, t. III, p. II, col
». MinATORl, t. XVI, col. 111H et t. XIX, col. 023. i. Cf. NiEM, De scismate, 1. III, 2.
LE CONCILE KE PARIS EX 1106. 2i7
le faire fléchir devant l'intérêt public. La vraie mère aime mieux renoncer à ses droits que de voir couper en deux son enfant. Je vous offre donc de renoncer à la tiare si, de votre côté, vous consentez à faire la môme chose '. » — « J'irai voir Benoît, disait-il, dussé-je faire la route seul en m'appuyant sur un bâton, ou en m'embarquant sur une simple nacelle-. »
Le Pape d'Avignon sembla d'abord entrer dans les vues de son compétiteur; il reçut avec courtoisie l'ambassadeur de Grégoire et répondit aussitôt qu'il acceptait d'avoir une conférence avec lui^.
11 semblait dès lors que chacun des deux papes ne fût plus qu'un procureur chargé momentanément des affaires de son Eglise et prêt à abdiquer au premier signal.
Une situation si nouvelle et si inattendue ouvrait la voie à des négociations'qui ne pouvaient manquer d'aboutir, croyait-on. Une ambassade solennelle fut envoyée de Paris à Marseille où se trouvait Benoît pour fixer le lieu de la future entrevue entre les deux papes.
La légation française se composait de personnages très considérables. On y remarquait le patriarche d'Alexandrie, l'archevêque de Tours, Pierre d'Ailly, Jean Gerson, Pierre Plaoul, Jean Petit. Guillaume Philastre et presque tous les orateurs du concile de 1406. Un jeune licencié en droit canon alors presque inconnu, mais qui allait être appelé à une peu enviable célébrité, faisait aussi partie de l'ambassade : c'était Pierre Gauchon, le futur évêque de Beauvais.
1. Chronic, 1. XXYII, c. 21. — Cf. Christophe, Histoire de la papauté au XIV' iiécle,t. ni, p. 23'*. — Fiske, Acta Condlii Constanc, t. I,. p. 280
i. RiYx.vLD, a. 1406, 13. — NiEM, op. cit., G. Par un jeu de mots peu spirituel, cet auteur appelle toujours Grégoire, Errorius.