BOÏRGEOIS DU CHASTENET, p
Tout autre est le réquisitoire de maître Jean Petit contre Benoît. Il s'excuse tout d'abord d'être rude par nature et il s'accuse de parler « hastivement et chaudement comme s'il était en colère ».
L'irascible docteur présente un résumé historique de tout ce qu'on avait fait depuis douze ans pour arriver à la cession; il attaque violemment le Pape d'Avignon, ses parjures, ses exactions, ses subterfuges aussi nombreux que peu loyaux. II. n'épargne pas non plus le pontife de Rome, et s'efforce de démontrer que tous deux sont schismatiques et véhémentement suspects d'hérésie.
« La restitution d'obédience à Benoît fut conditionnelle, dit-il ; les quatre conditions n'ont point été remplies : donc la France doit se séparer de nouveau du Pape qui a manqué à sa parole^. »
Après ces agressions de Jean Petit, le patriarche d'Alexandrie monta à la tribune et prononça un discours rempli de considérations plus dignes et plus élevées, mais entaché d'erreurs graves au point de vue théologique.
Il prétend montrer « que la requeste de l'Université doit être accomplie et que le roy ni les habitans du royaume ne doivent obéir ne à l'un, ne à l'autre des deux contendants de la papauté » .
Partant de cette supposition que les pontifes rivaux, « ces deux renards », comme il les appelle, sont schismatiques, il s'efforce de démontrer que ces papes ne peuvent plus promouvoir aux évêchés ni aux cures, que leurs ordinations ne sont pas sûres, et que ceux qu'ils ont créés évêques ou prêtres pèchent mortellement en donnant ou en recevant les sacrements; con-