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LE CONCILE DE ROME ET LES PRELIMINAIRES DU CONCILE

§ 1. — Alexandre V et Jean XXIII.

Le pape Alexandre avait été élu grâce au zèle du cardinal Balthazar Cossa. Il ne l'oublia pas : soit par reconnaissance, soit par timidité, il resta sous la dépendance de celui qui était son légat et comme son premier ministre ; ses opinions et ses décisions ne firent jamais que refléter les avis, sinon les ordres de Cossa.

Le 1*'' novembre 1409, le pontife lança une nouvelle bulle contre l'ambitieux Ladislas de Naples, qui occupait une grande partie des États de l'Église et qui soutenait la cause de Grégoire XII. Il obtint ici plus de succès, car bientôt l'usurpateur fut contraint d'abandonner I^ome. Au lieu de se rendre aussitôt dans la Ville éternelle qui l'attendait, Alexandre céda aux instances de Baltbazar et se fixa à Bologne pour y passer le reste de ses jours. Ils ne furent plus de longue durée. Dès les premiers jours de 1410, le Pape renouvela toutes les condamnations portées contre ses deux compétiteurs. Frappé à mort au commencement de mai 1410, il rassembla tous les cardinaux autour de son lit d'agonie, confirma derechef les décrets de Pise, leur recommanda la concorde,

puis rendit le dernier soupir. Il avait 71 ans et il avait occupé le trône pontifical pendant dix mois et huit jours * .

Son successeur était tout désigné ; c'était son confident et son soutien, le cardinal Cossa. Il fut élu par dix-sept cardinaux après quelques jours de conclave, le 23 mai, et il prit le nom de Jean XXIII. II se fit ordon- ner prêtre aussitôt après, puis il fut consacré évêque, et couronné solennellement le 25 mai.

Nous abordons ici l'histoire d'un homme que la calomnie n'a point épargné et qui souvent a pu y donner prise. Ses ennemis en ont fait une sorte de monstre couronné, mais il suffit de parcourir la longue liste des méfaits qu'ils lui ont reprochés, pour être frappé de l'exagération évidente des accusations lancées contre lui.

Balthazar Cossa était Napolitain, né d'une famille noble et doué d'une rare intelligence. Qu'il ait été pirate dans sa jeunesse et qu'il ait écume longtemps les mers de Sicile, c'est une assertion rapportée par l'atrabilaire et vindicatif Niem-, mais elle semble bien dif-r ficile à soutenir. Nous aimons mieux suivre l'opinion de Platina ^, de Valori ^ et du moine de Saint-Denis ^, tous contemporains, qui nous le montrent étudiant à Bologne et obtenant un double diplôme de docteur en droit.

Boniface IX le nomma son camérier et Thierry de

1. Cucosius, Vitœ êtres gestae Pontif. rom., t. II, p. 770. — 'YVadding. Ann. Minorum,t. IX, p. 273. —Platina, De vitîs pontif. roman., 1643, p. 248. — NiEM, De scismate, III, 53.

2. De vila et factis Johannîs XXIII, dans Von der Haudt, Rerum Conc. œcum. Constant., If, 338.

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